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Cannes 2015 : jours 5 & 6 (le festival des mères)

18 mai 2015
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louder-than-bombs

68e Festival de Cannes

Du 13 au 24 mai 2015

www.festival-cannes.fr

Le mardi 19 mai 2015

Après près d’une semaine de festival, les thématiques dominantes commencent à s’imposer comme des évidences. C’est ainsi que Cannes 2015 tournerait principalement autour de la figure de la mère…

C’est un phénomène courant à Cannes, vu la quantité de films présentés et l’air du temps, de voir se dégager après quelques jours des thématiques communes ou redondantes. Cette année, c’est la question de légitimité de la mère qui est posée.

Il y a la mère indigne (La Tête haute), la mère en lutte contre elle-même (Mon Roi), la mère qui disparaît (Mia Madre), la mère qui sacrifie tout pour l’être quitte à en faire un peu trop (Le Conte des contes), la mère à qui l’on veut retirer son enfant (Carol et Nahid), la mère qui a baissé les bras (Louder than bombs). Il y a aussi les cas particuliers, Paulina et son enfant issu d’un viol et Maria (Alias Maria) qui devient mère alors qu’on lui interdit. Ce sont des mères “trop”, trop absentes, trop présentes, trop combattantes, trop seules.

Le point commun, c’est la question. Est-ce qu’on devient toutes mères de la même façon ? Avec la même intensité ? Est-ce une étiquette qui fait disparaître toutes les autres ? La maternité n’est plus une évidence, pas pendant la grossesse et encore moins après l’accouchement. L’image de douceur, de situation naturelle et évidente est cassée. Cette année, la part belle est faite aux femmes qui doutent, à celles qu’on opprime, à celles qui se battent. Le droit d’être mère ou de ne pas l’être est âprement défendu.

La mère, toujours celle sur laquelle on revient. Celle qui est à l’origine de tout. “C’est de la faute de la mère.” À Cannes, plus question de bonnes ou de mauvaises mères, les films les plus réussis acceptent les nuances. Ils acceptent que les mères soient des femmes avant tout.

Aujourd’hui, après les projections de Cemetery of splendour (nouveau bijou d’Apichatpong Weerasethakul), Las Elegidas (drame social mexicain), La Loi du marché (drame social français) et Marguerite et Julien (ovni incestueux de Valérie Donzelli), je m’apprête à profiter de ma première “séance de minuit” du festival. Avec Office, thriller coréen (par le scénariste de The Murderer), la journée de cinéma se termine après deux heures du matin. Une folie à ce stade du festival, mais un vrai plaisir de cinéphile. Ces séances un peu particulières sont souvent de belles respirations (même si le réveil, le lendemain matin, pique un peu).

Lucile Bellan 

[Image 2015 © Memento Films]

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