0 Shares 1078 Views

    Cannes, clap de fin

    26 mai 2014
    1078 Vues
    DSC01342

    Festival de Cannes 2014

    du 14 au 25 mai 2014

    Cannes 2014, c’est fini. Le jury de Jane Campion a livré son verdict, une Palme d’or contestée a été annoncée, et c’est l’heure pour les festivaliers de revenir à une vie plus ordinaire…

    C’est toujours un déchirement de rédiger le dernier article cannois de l’année, car aussi éprouvant que cela puisse être, on voudrait que cela ne finisse jamais. Il y a déjà les films et les sentiments qu’ils créent. Déconnecté du réel, on vit plus fort, plus beau, plus fou, plus dramatique. Avec la fatigue, il n’y a pas de demi-teinte.

    Il y a les rencontres aussi. Avec les paillettes et le strass parfois ou les passionnés qui parlent le même langage, souvent.

    Il y a l’alcool aussi. Et un état physique constamment sur la brèche lié au manque de sommeil, de nourriture, de liquide non-alcoolisé (on peut dire que le mauvais état des corps est amplifié par le plan Vigipirate, pas une bouteille d’eau ne rentre dans le Palais). Le corps puise dans ses réserves, touche à une sorte d’absolu. Au retour, on tombe malade, on déprime. La vie reprend son cours triste et froid.

    Cannes, c’est un fantasme, un miroir déformant qui rend fou. Il y a ceux qui le rejettent et d’autres qui vont y revenir année après année. À retrouver les mêmes réalisateurs, on a une impression de rendez-vous à ne pas manquer. On a aussi peur de passer à côté d’un outsider qui changera à jamais l’histoire du cinéma.

    Pour faire vivre encore un peu cette folie, on invente des scandales. Cette année, c’est la Palme d’or qu’on commente et qu’on conteste. Pas assez glamour, pas assez accessible.

    Mais le Festival de Cannes n’a rien d’accessible, c’est même le contraire. C’est un évènement de privilégiés qui couronne un cinéma riche et pointu. C’est ce qui fait sa force et sa valeur.

    Et même si la crise pèse lourdement sur cet irréductible, il se bat fièrement pour continuer à exister comme en des temps plus glorieux et plus insouciants. C’est de moins en moins une bulle. De plus en plus un marqueur de son temps.

    À Cannes, on ne rêve plus. On vit, avec la force du désespoir, comme s’il n’y avait plus rien autour.

    Lucile Bellan 

    En ce moment

    Articles liés

    « Le Château d’Orgon » : une comédie décapante qui balaye tous les clichés de la bien-pensance
    Spectacle
    401 vues

    « Le Château d’Orgon » : une comédie décapante qui balaye tous les clichés de la bien-pensance

    Au Studio Hébertot, huit jeunes comédiens nous réjouissent dans une comédie acide signée Guillaume Gallix, inspirée de Molière et Goldoni, qui raconte la ridicule aventure d’un père de famille veuf, propriétaire d’un somptueux domaine avec château, qui convoque enfants...

    « Mentor » ou la relation d’emprise entre un maître et son élève
    Spectacle
    712 vues

    « Mentor » ou la relation d’emprise entre un maître et son élève

    Au Studio Hébertot, Lara Aubert interprète une jeune contrebassiste sous l’emprise de son professeur, dans une pièce poignante qu’elle vient d’écrire. A ses côtés, Alexis Desseaux campe l’enseignant virtuose et manipulateur, dans un cours de musique ou la complicité...

    Ville autoportrait – Sébastien Mehal
    Art
    598 vues

    Ville autoportrait – Sébastien Mehal

    Curatée par le collectif TAK Contemporary, l’exposition personnelle de Sébastien Mehal, présentée à la Galerie Hoang Beli, convoque la ville comme un corps collectif façonné par nos psychologies individuelles. Les œuvres sont tissées comme un patchwork de points de...