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Cinéma à domicile : 3 films à voir en mars 2018

La vie des films n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Carrière en salles trop fugace ou sortie en direct to VOD : chaque mois, Artistik Rezo vous propose de rattraper à la maison 3 films disponibles sur vos écrans et que vous n’avez sans doute pas encore vus.

1) Mise à mort du cerf sacré, de Yórgos Lánthimos
Prix du scénario au festival de Cannes 2017, le dernier film du cinéaste grec Yórgos Lánthimos est un nouveau tour de force scénaristique et graphique dont il est difficile de trouver une interprétation susceptible de mettre tout le monde d’accord (y a-t-il seulement une interprétation à faire ?). Après The Lobster, il retrouve de nouveau Colin Farrell, cette fois dans le rôle d’un éminent chirurgien marié à une ophtalmologue interprétée par Nicole Kidman. Sa rencontre avec un adolescent dont il n’a pu sauver le père lors d’une opération va conduire, lentement mais sûrement, sa famille à sa perte. S’ensuit une tragédie grecque (tiens donc) dont il vaut mieux ne rien révéler tant elle s’avère imprévisible, ténébreuse et d’un jusqu’auboutisme total. Il y a un peu de Haneke dans la façon dont le réalisateur conclut son récit ; avant cela, il n’y a que du Lánthimos, encore du Lánthimos, toujours du Lánthimos. Et c’est la plus stimulante des nouvelles.

 

2) Monsterz, de Hideo Nakata
Présenté en ouverture du festival du film asiatique de Deauville en 2014 (au passage, on regrette d’ailleurs que cet événement n’existe plus), ce film signé par le réalisateur de Ring et Dark water se présente comme un mix japonais entre la série Heroes et le chef d’oeuvre Incassable de M. Night Shyamalan. Deux types que l’on croyait ordinaires s’y affrontent jusqu’à la mort et au-delà afin de faire triompher le bien ou le mal. Tout a une influence sur leur façon d’évoluer et de se battre : leurs traumatismes d’enfance, leurs talons d’Achille, leur façon d’envisager l’existence et la vie amoureuse. C’est une bataille sans merci, aussi spectaculaire que tragique, à laquelle d’adonnent les deux héros du film. Les Monsterz du titre, ce sont eux : des créatures à enveloppe humaine mais qui se laissent peu à peu gagner par une monstruosité galopante.

 

3) Le Brio, d’Yvan Attal
Nommé au César du meilleur film, le dernier long-métrage d’Yvan Attal a de l’élan et de l’allant : on y observe la relation tumultueuse qui se noue entre une élève-avocate jouée par Camelia Jordana et un professeur de droit borderline incarné par Daniel Auteuil. Le vieux loup va se retrouver contraint de préparer la jeune femme à un concours d’éloquence, et donc de former avec elle un duo auquel ni lui ni elle ne croient. C’est l’opposition entre deux générations, deux cultures, deux façons de penser que filme Attal avec la carrure qu’on lui connaît. Renouant avec l’aisance teintée d’audace de ses premiers films (Ma femme est une actrice et Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants), Attal signe un cinquième long-métrage convaincant qui montre qu’il n’est pas facile de vieillir dans notre société, mais qu’il est encore plus compliqué d’y grandir.

 

Lucile Bellan

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