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    De “Dieu existe, son nom est Petrunya” à “Sibyl” : 4 films à voir en mai 2019

    Lucile Bellan 1 mai 2019
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    Chaque mois, la rédaction d’Artistik Rezo choisit pour vous les 4 films qu’il faut absolument aller découvrir en salles. Une sélection éclectique, composée d’œuvres faisant l’événement et de perles plus méconnues.

     

    1) Dieu existe, son nom est Petrunya, de Teona Strugar Mitevska (1er mai)
    C’est l’histoire d’un village où, chaque mois de janvier, le prêtre local jette une croix en bois dans une rivière. Des centaines d’hommes plongent alors, et celui qui parvient à se saisir de la croix s’assurera bonheur et prospérité. Seulement voilà : cette année-là, c’est une femme, Petrunya, qui sera la plus rapide. Un affront pour toute la communauté masculine de la région, et le début d’une longue et impitoyable chasse aux sorcières menée contre celle qui voulait juste avoir le droit de participer comme tout le monde. Primée au dernier Festival de Berlin (par le jury œcuménique), une chronique acide sur le désir qu’ont les hommes de conserver leurs privilèges, y compris les plus ancestraux et les plus anecdotiques.


    2) Gloria Bell, de Sebastián Lelio (1er mai)
    Rares sont les cinéastes à qui on a commandé un remake de leur propre film. Il y eut par exemple Michael Haneke, qui refit son Funny Games à l’identique, plan par plan, avec Naomi Watts et Tim Roth. On peut désormais ajouter à la liste le Chilien Sebastián Lelio, qui réalisa Gloria il y a 5 ans avant de remettre le couvert, cette fois aux États-Unis, avec Julianne Moore et John Turturro. Récompensé entre temps par un Oscar du meilleur film étranger (pour Une Femme fantastique), Lelio a voulu donner un nouveau cachet à son propos sur le désir d’émancipation des femmes quinquagénaires, davantage à l’ordre du jour qu’il y a quelques années. Le tout est effectivement plein de piquant et traversé par un sentiment d’urgence proprement fulgurant.


    3) Meurs, monstre, meurs, d’Alejandro Fadel (15 mai)
    Après un premier long métrage (Los Salvajes) passé par la Semaine de la Critique, l’Argentin Alejandro Fadel a de nouveau connu les honneurs du Festival de Cannes en 2018, à l’occasion d’une sélection du côté d’Un Certain Regard. Sortant près d’un an plus tard, Meurs, monstre, meurs est un film aussi unique que désarçonnant : c’est une œuvre puzzle qui rappelle autant certains pans du cinéma de David Lynch que le Road to nowhere de Monte Hellman. Vous ne trouverez pas plus bizarre en ce mois de mai. Voire en cette année 2019.


    4) Sibyl, de Justine Triet (24 mai)
    Pour des raisons évidentes (une sélection officielle en compétition cannoise), nous n’avons pas encore pu voir le nouveau film de Justine Triet, réalisatrice de La Bataille de Solférino et de Victoria. L’héroïne de ce dernier était d’ailleurs incarnée par Virginie Efira, qui remet le couvert dans Sibyl, cette fois aux côtés d’Adèle Exarchopoulos et Gaspard Ulliel. Ou l’histoire d’une romancière devenue psychiatre, qui décide de se remettre à écrire, mais se voit soudain contrainte de suivre une actrice, dont elle décide d’enregistrer les séances. Si l’ensemble a un tiers du quart de la classe de Victoria, le résultat ne pourra être que formidable.

    Lucile Bellan

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