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De “Nuestro tiempo” à “Celle que vous croyez” : 4 films à voir en février 2019

Lucile Bellan 5 février 2019
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Chaque mois, la rédaction d’Artistik Rezo choisit pour vous les 4 films qu’il faut absolument aller découvrir en salles. Une sélection éclectique, composée d’œuvres faisant l’événement et de perles plus méconnues.

 

1) Nuestro tiempo, de Carlos Reygadas (6 février)
Près de six ans séparent la sortie de Post Tenebras Lux, le précédent film de Carlos Reygadas, de celle de Nuestro tiempo, son nouvel opus. Entre temps, le cinéaste mexicain a traversé une phase de doute créatif qui l’a finalement mené à écrire, réaliser et même jouer lui-même dans ce nouveau film à l’argument extrêmement simple (un homme est en proie au doute lorsqu’il constate que la femme qu’il aime en pince pour un autre) mais à l’exécution pleine de maestria. On est ici plus proche des précédents films de Reygadas, et notamment de Lumière silencieuse, que du plus récent Post Tenebras Lux, torturé et vide de sens. Et c’est une très bonne chose.

 

2) Destroyer, de Karyn Kusama (20 février)
Il y a vingt ans, Karyn Kusama débarquait avec le punchy Girlfight, plongée dans l’univers de la boxe féminine qui révélait la puissante Michelle Rodriguez. Depuis, la réalisatrice a peiné à trouver sa voie, même si The Invitation (disponible sur Netflix) a permis de réaliser qu’elle était toujours aussi vigoureuse pour peu qu’on lui soumette des scénarios suffisamment puissants. C’est ce que confirme Destroyer, qui ressemble à un véhicule à Oscar taillé pour Nicole Kidman, mais qui est en fait bien plus que ça : cet affrontement entre une enquêtrice du LAPD et le chef d’un gang est d’une violence et d’une sécheresse qui désarçonnent.

 

3) Santiago, Italia, de Nanni Moretti (27 février)
L’après Mamma Mia de Nanni Moretti est un documentaire qui ne renoue pas avec la veine autobiographique de Journal intime et Aprile, même si le cinéaste italien persiste à vouloir se mettre en scène et se montrer devant la caméra. Cette fois, Moretti est parti dans la capitale chilienne pour revenir sur l’année 1973 et le coup d’Etat du général Pinochet. Le lien avec l’Italie ? Le fait que des diplomates italiens aient, par leur action, contribué à sauver des milliers de vies. L’ambassade d’Italie au Chili a en effet consenti à accueillir de nombreux demandeurs d’asile qui craignaient pour leur vie… Un témoignage fort et sobre.

 

 

4) Celle que vous croyez, de Safy Nebbou (27 février)
S’il avait déjà fait dans le thriller avec L’Empreinte (sorti en salles sous le titre L’Empreinte de l’ange avant d’être rebaptisé suite à une décision de justice), Safy Nebbou n’avait sans doute jamais été aussi moderne. Cette histoire d’une quinquagénaire qui se crée un double virtuel deux fois plus jeune qu’elle afin d’épier son amant, mais finit par faire des ravages auprès du meilleur ami de celui-ci, un jeune homme très amoureux de cette Clara qui n’existe pas. Futé, bien vu, et génialement interprété par Juliette Binoche et François Civil.

 

Lucile Bellan

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