Dr Strange in the Multiverse of Madness : vers un succès fou ?
© Dr Strange in the Multiverse of Madness
Marvel a décidé de prendre des risques. Après avoir confié la quasi intégralité de leurs productions à des yes men (soit des réalisateurs dociles et serviables), Marvel abat sa nouvelle carte en confiant son film le plus important, car pivot vers le Multiverse, au réalisateur émérite de la saga Evil Dead, Sam Raimi. Est-ce que le maître de l’horreur est capable d’enfin lancer l’après Thanos ?
Stephen Strange voit son quotidien marqué par l’arrivée d’America Chavez, drôle d’adolescente ayant le pouvoir de voyager à travers les Multiverses. À grands pouvoirs grandes responsabilités, nous connaissons l’adage mais cela implique aussi de grandes menaces. Lorsque l’une d’entre elle finit indubitablement par pointer le bout de son nez, l’ensemble des univers sera mis à rude épreuve.
Le scénario n’est clairement pas le principal atout de ce métrage. Simple voire simpliste, il évite cependant les écueils des dernières productions Marvel, Spiderman en tête, en restant cohérent. On ressent pourtant que le scénario comporte un ensemble de prétextes permettant au réalisateur d’apposer sa patte mêlant l’horreur et le kitsch. Deux termes qui, selon nous, définissent le mieux ce Doctor Strange in The Multiverse of Madness. Effectivement, les scènes de combat étant légion, tout comme les personnages secondaires, leurs morts sont propices à des situations aussi graves que kitsch, aussi sanglantes que créatives. En ressort ainsi un attrait malsain du spectateur qui attend dangereusement le prochain meurtre comme dans tout bon slasher, plaçant l’antagoniste au même rang qu’un Freddy Kruger ou Michael Myers.
Visuellement marquant et marqué, le film s’accorde tant dans le fond que dans la forme. L’univers du magicien se prête à merveille aux thèmes de prédilection du réalisateur. Amateur de magie et de nécromancie, vous serez évidemment conquis.
Pour marquer ce retour au super-héroïque, Sam Raimi s’en est remis une fois de plus à Danny Elfman pour composer la bande originale du film. L’idée semble alléchante sur le papier, surtout lorsqu’on se rappelle de leur collaboration pour Spiderman. Après tant d’éloges, que vaut la partition finale ? Hélas, Danny Elfman retombe dans ses travers récents et nous offre une partition qui n’a pour seul mérite que d’exister. Sa seule audace arrivant à la toute fin du film, comme une dernière rose sur la tombe d’un artiste déchu.
9 ans après Le Monde Fantastique d’Oz, Sam Raimi s’offre un retour (super) héroïque avec Dr Strange. Loin de se laisser écraser par le cahier des charges colossal de Marvel, il a su s’imposer autant dans le fond que dans la forme. De surcroît, le pivot opéré par le film reste ambitieux et ouvre la voie à un ensemble de possibilités infini. Une première depuis la fin de l’ère Thanos.
Victor Ribeiro
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