Insidious
Alors qu’elle vient de s’installer dans une nouvelle maison, une famille subit le drame de voir un de leurs fils tomber dans le coma à la suite d’une chute. Mais d’étranges phénomènes accompagnent cette épreuve et poussent les parents à croire à une tout autre version de l’histoire, une version qui les emmènera dans les limites de l’au-delà.
Même si l’affiche laisse présager que le film s’inscrit dans la longue lignée des histoires d’enfants maléfiques ou possédés, Insidious brouille les pistes, s’éloigne des sentiers battus et du réalisme pour un « hommage » aux productions des années 70, ses décors de maisons hantés de fêtes forraines et ses maquillages outranciers. Car c’est bien vers la surenchère perpétuelle et les clichés du genre que lorgne l’auteur perpétuellement convaincu d’être à l’origine d’un mouvement hype, le revival des années kitsch.
Seulement en dehors de ses effets horrifiques datés et de son univers visuel sans interêt, James Wan tire son épingle du jeu avec un scénario fourre-tout assez hallucinant entre mépris volontaire et assumé pour le spectateur et manque d’imagination flagrant. Pour trouver des comparaisons justes entre Insidious et tout le genre duquel il se revendique c’est vers l’ignoble adaptation inédite de Clive Barker, Book of Blood qu’il faut aller chercher quelques points d’ancrages sur le fond comme sur la forme et il est certain que ce n’est pas un compliment.
Véritable mélange inexplicable de réalisme contemporain (dans sa première partie) et de croyances occultes oubliées (les fameux voyages astraux), Insidious n’est que prétexte au spectacle de l’égo surdimensionné de James Wan et de ses petites obsessions (le retour des marionnettes).
Sans rythme, sans signature autre que celle de la médiocrité et sans imagination, Insidious est une sortie cinéma étonnante puisqu’elle ne mérite certainement d’être vue en salles, à peine en DVD c’est dire…
Lucile Bellan (Twitter)
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Insidious
Un film de James Wan
Avec Patrick Wilson et Rose Byrne
Sortie le 15 juin 2011
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