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Mes 5 films préférés avec Édouard Baer

Lucile Bellan 8 avril 2019
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À l’occasion de la sortie de La Lutte des classes et de Raoul Taburin, respectivement réalisés par Michel Leclerc et Pierre Godeau, Lucile Bellan se mouille et détermine, dans l’ordre, son top 5 des meilleurs films d’Édouard Baer, qu’on verra décidément beaucoup en avril.

Numéro 5 : Astérix et Obélix, mission Cléopâtre d’Alain Chabat
Sans doute pas le film où Édouard Baer effectue sa plus longue apparition, mais probablement celui dans lequel il prononce le plus de mots à la seconde. Souvenez-vous. “Vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres. Des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée… Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ça n’est pas mon cas, comme je disais là, puisque moi au contraire, j’ai pu : et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie… je ne suis qu’amour ! Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent ‘Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ?’, eh bien je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût de l’amour ce goût donc qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain qui sait ? Peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi.”

Numéro 4 : Un Monde à nous de Frédéric Balekdjian
Dans l’un des longs métrages les plus sérieux de sa filmographie, Baer interprète un père plus qu’inquiet, qui promène son fils Noé de maison en maison et de ville en ville pour le protéger d’éventuels assaillants et d’un passé trouble qui le met dans une situation de proie permanente. Le tout forme un drame haletant et de plus en plus inattendu, où le jeune garçon (interprété par le fils du réalisateur) prend peu à peu conscience de la vraie nature de son père.

Numéro 3 : Mensonges et trahisons (et plus si affinités) de Laurent Tirard
Le premier film de Tirard est aussi son meilleur : c’est un hommage plus ou moins voilé à la mécanique comique des meilleurs films de Woody Allen, où les héros, aussi fins lettrés soient-ils, finissent toujours par se saborder auprès des femmes et sur le plan professionnel. Excellemment entouré par Marie-Josée Croze, Alice Taglioni et un Clovis Cornillac meilleur que jamais dans le rôle d’un footballeur poète, Baer convient parfaitement à l’esprit souhaité par le réalisateur et son coscénariste Grégoire Vigneron : charmant, fin, mais également capable de se montrer tout à fait médiocre. Un petit délice.

Numéro 2 : À boire de Marion Vernoux
Le film le plus mal aimé d’une réalisatrice sous-cotée est pourtant une vraie merveille qu’il conviendrait de redécouvrir. À boire, c’est l’histoire de trois personnes qui boivent trop et qui se télescopent dans une station de sports d’hiver qui ressemble à l’enfer sur terre. En compagnie d’Emmanuelle Béart et Atmen Kelif, Édouard Baer campe un loser absolument magnifique, en détresse permanente mais également très en verve, au sein d’un triple portrait aussi jubilatoire que désespérant, comme du Bukowski sans le côté misogyne.

Numéro 1 : La Bostella d’Édouard Baer
Ce n’est pas faire injure à Édouard Baer que d’affirmer qu’il n’est jamais aussi bon que dans son propre rôle, a fortiori quand il est dirigé par lui-même. Dans un film directement adapté de ses pérégrinations télévisuelles (le cultissime Centre de visionnage de Canal+), Baer convoque toute sa bande dans une maison de campagne afin d’y préparer un nouveau programme pour la rentrée. Un fiasco programmé pour un énorme bordel aussi fantaisiste que désabusé, où l’acteur et le réalisateur peuvent s’en donner à cœur joie et montrer à la fois leur côté sombre et leur aptitude à exceller dans le n’importe quoi.

 

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