See you next tuesday – comédie dramatique de Drew Tobia
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See you next tuesday De Drew Tobia Avec Eleanore Pienta, Dana Eskelson, Molly Plunk Durée : 82 min. Présenté au Champs-Élysées Film Festival |
Présenté le 14 juin 2014 au Champs-Elysées Film Festival
Étrange cocktail que ce See you next tuesday, comédie dramatique sur une jeune femme enceinte totalement fêlée, et finalement description crispante d’une dépression pré-partum, dont l’hystérie quasi permanente peut mener à la céphalée. L’histoire à l’origine de See you next tuesday est peut-être plus intéressante que le film lui-même. Un jour, le réalisateur Drew Tobia tombe sur un projet photo mené par Eleanore Pienta mettant en scène une femme enceinte obsédée par la peur de voir le fœtus qu’elle porte infecté par des mouches. D’une pierre deux coups : Drew Tobia écrit alors un script reprenant le personnage principal et demande à Eleanore Pienta d’interpréter elle-même cette mère un peu fucked up. En découle un film parfois fascinant, notamment par ses choix esthétiques (cadrages précis sans être apprêtés, direction artistique de bric et de broc mais souvent impressionnante), dans lequel on apprend à cohabiter avec cette Mona qui se sait enceinte mais semble se moquer éperdument du bébé qu’elle porte. Bruyante, angoissée, elle ne semble penser qu’à elle-même, finissant par perdre son emploi de caissière et son appartement suite à une série de petits pétages de plombs. Ses rapports conflictuels avec une mère vampirique et la redécouverte de sa sœur lesbienne, qui l’héberge bon gré mal gré, n’aideront pas l’héroïne à aller mieux. Et la voilà qui s’enfonce dans une hystérie pathologique dont la terminologie semble claire : dépression. C’est finalement là que le film nous perd : à mesure que les fusibles de Mona explosent, l’ambition de Drew Tobia semble être de nous rendre chèvres jusqu’à nous faire faire tilt. Une dépression n’est jamais une chose simple. C’est même un processus extrême dont les tenants et les aboutissants peuvent dépasser l’entendement humain. Mais le traitement de plus en plus schizophrène ne nous aide ni à compatir, ni à nous immerger dans l’univers frappé de cette femme perdue, dévastée, pas plus prête pour sa grossesse que pour la naissance qui doit fort logiquement en découler. Ce qui ne signifie pas qu’il faille jeter le travail du prometteur Drew Tobia à la poubelle. Lucile Bellan [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=hsWxdAmsc1g[/embedyt] À découvrir sur Artistik Rezo :
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