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    Xavier Dolan, 30 ans, 10 ans de carrière, 8 films

    Lucile Bellan 15 octobre 2019
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    La carrière du cinéaste canadien, trentenaire depuis peu, n’est pas impressionnante que sur le plan statistique. Adoubé par les grands festivals, acclamé par le public, Xavier Dolan est un pur prodige.

    Seuls Woody Allen, Manoel de Oliveira ou Michael Winterbottom nous avaient habitués à de tels rythmes. Xavier Dolan n’est connu chez nous que depuis 2009, année où est sorti J’ai tué ma mère, fabuleux premier film plein de rage, de drôlerie et de frustrations de moins en moins contenues. Depuis, le réalisateur canadien a aligné les films-événements, quasiment sans erreur, se construisant une filmographie hallucinante sans hésiter à sortir de sa zone de confort.

    Réalisateur, scénariste, directeur artistique, monteur, compositeur : il n’est pas rare que Dolan cumule toutes ces casquettes sur un même projet. Cela rend d’autant plus hallucinant son rythme de travail : chaque film lui a pris 14 mois en moyenne, ce qui est archi peu. Et si Ma vie avec John F. Donovan, son incursion américaine, a constitué pour lui une aventure frustrante et chronophage, le cinéaste n’a pas tardé à retomber sur ses pieds avec son nouveau film, Matthias & Maxime. Ou l’histoire d’une bande de potes dont deux membres se tournent autour sans réellement se l’avouer.

    Les Amours imaginaires, Laurence Anyways, Mommy, Tom à la ferme, Juste la fin du monde : chez Dolan, les films se suivent et ne se ressemblent pas, même si la patte de l’artiste est reconnaissable à chaque long métrage. Un style si impressionnant que lorsque des membres de son clan passent à la réalisation, comme Monia Chokri avec La Femme de mon frère, c’est de façon très dolanienne, avec cette colère, ce flot de paroles et ce fourmillement visuel reconnaissable entre mille.

    On ne sait pas où ira Xavier Dolan lors de la décennie à venir, mais ce qu’il y a de certain, c’est que le réalisateur canadien va continuer à créer des univers, à faire vivre des personnages bouleversants, à refuser les étiquettes et à assumer mille fonctions à la fois. On a hâte de passer les dix prochaines années avec lui. Et l’on souhaite ardemment qu’elles soient pour lui l’occasion de réaliser huit nouveaux films.

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