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Aristote : Replacer l’humain au centre du DJing

Pauline Marcovici 21 janvier 2026
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Rooftop Canopy by Hilton Paris Eiffel Tower

À l’heure où les algorithmes dictent nos écoutes et façonnent nos playlists, Aristote fait un pas de côté. Derrière ses platines vinyles, ce DJ passionné remet l’humain, le hasard et le partage au centre de la fête. Avec ses soirées 100 % vinyles, il invite le public à devenir programmateur et transforme le dancefloor en espace de liberté collective. Rencontre avec un artisan du son qui fait dialoguer les générations et les émotions.

Avant de parler des soirées 100 % vinyles, raconte-nous ton parcours. Qu’est-ce qui t’a mené jusqu’aux platines ?

Avec le recul, malgré quelques erreurs de parcours et quelques mensonges que je me suis racontés à moi-même, je crois que derrière les platines était l’endroit où j’étais destiné à me retrouver.

Chez moi, la musique a toujours occupé une place fondamentale. C’est mon père qui nous a transmis ce virus. Et puis, je suis le dernier d’une fratrie de huit enfants : j’ai donc bénéficié de l’héritage musical de tous mes grands frères et sœurs, de leurs phases d’exploration successives. Je n’ai pas beaucoup de mérite à tirer de tout ça, mais j’ai énormément reçu.

À la maison, tout tournait. On passait de Pepe Kallé à Michael Jackson, d’Alain Souchon à Sam Cooke, puis à Jeff Buckley, Étienne Daho, Terence Trent d’Arby, The Temptations, Marvin Gaye, Stevie Wonder…
Et bien sûr, génération MTV oblige, le hip-hop et le R&B des années 90–2000 m’ont attrapé très, très fort.

À première vue, cette liste peut sembler hétéroclite, mais elle m’a offert des fondations solides, que j’ai ensuite complétées, plus tard, tout seul comme un grand.

Comment est née l’idée des soirées 100 % vinyles ?

Je pense qu’il existe différentes écoles dans le monde du DJing.
Il y a celle de ceux qui cherchent avant tout à flex, à dégainer à chaque morceau le titre le plus undercover possible. Et ça peut très bien fonctionner dans certains contextes.

Mais la limite, c’est que ce DJ-là finit souvent par se faire plaisir à lui-même. Il reste dans sa niche et, surtout, ne lit plus son dancefloor. Il ne se demande pas ce qu’il pourrait jouer pour réellement lancer la soirée. Et ça, je trouve ça un peu triste.

Pour moi, être DJ, c’est avant tout être au service. C’est prendre soin des gens qui sont devant toi, de personnes qui se sont motivées pour venir et qui aspirent simplement à passer un bon moment. Or, les gens ne sont pas les mêmes, n’écoutent pas les mêmes choses. Et c’est exactement là que la magie du concept opère.

Le DJ Aristote

Concrètement, comment se déroule une de tes soirées ?

Les convives peuvent choisir les prochains morceaux parmi plus de 500 vinyles, allant du funk au disco, en passant par la soul, le rock, le folk, le hip-hop ou encore le R&B.

Mon rôle est ensuite d’offrir un véritable voyage musical à travers le temps, à partir des recommandations du public, tout en y ajoutant ma touche personnelle. Je crée des passerelles, je trouve les bons enchaînements… pour que ça parte.

Pourquoi avoir choisi de jouer uniquement en vinyles, à l’ère du tout-numérique ?

On vit dans un monde où tout doit aller vite, où tout est dicté par la productivité. Cette idéologie a profondément infiltré l’industrie musicale, au point de la polluer : il faut sortir toujours plus de projets pour générer toujours plus de streams.

J’ai une conviction profonde : les œuvres conçues avec une véritable vision artistique, du temps et de l’amour offrent toujours quelque chose de plus. Ce sont celles-là qui traversent les époques.

Ce sont précisément ces projets que j’emmène avec moi dans mes sets. Ils nous permettent de revenir à l’essentiel : des humains qui choisissent leurs morceaux préférés, qui échangent autour d’artistes qui les ont marqués, qui parlent de musique, tout simplement. Et je trouve ça assez magnifique.

Qu’est-ce que tu cherches à transmettre à travers ce format participatif ?

Avant tout, l’envie de communier autour de mon amour pour la musique.
Être DJ, pour moi, ce n’est pas une question de prouesses techniques ou de pyrotechnie. C’est surtout réussir à embarquer le public, le faire voyager à travers différentes vagues musicales.
Parfois, il s’agit même d’ouvrir certains chakras. Et si, à la fin, en plus de s’être amusé, le public repart avec ce sentiment de “satiété musicale”, alors le pari est gagné.

As-tu d’autres projets en préparation en dehors des soirées vinyles ?

Oui, j’ai récemment lancé un concept appelé Throwback Sample Session, qui sort chaque dimanche sur Instagram.
Le principe est simple : je fais une transition entre un morceau original et une chanson construite à partir d’un sample issu de ce premier titre.

L’idée, c’est de faire découvrir des morceaux plus anciens qui sont à la base de hits que tout le monde a déjà kiffés, et de montrer que la musique forme un tout, où chaque nouveau genre se nourrit de ceux qui l’ont précédé.

Je prépare aussi la sortie de plusieurs sets et quelques autres surprises. Donc si vous êtes fans de musique, tenez-vous prêts !

 

Suivez l’actualité de Aristote sur son Instagram

Propos recueillis par Pauline Marcovici

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