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    Barbagallo : Grand Chien, chronique d’une émancipation réussie

    5 octobre 2016
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    Barbagallo : Grand Chien, chronique d’une émancipation réussie

    Deux ans après la sortie d’Amor de Lonh diffusé à l’époque par La Souterraine, Julien Barbagallo revient mettre une tarte à la chanson française avec « Grand Chien », pris du surnom qui lui est donné en Australie (big dog).

    Mélancolie et terres natales

    Concocté sur les routes du monde entier ou dans l’ancienne maison de son auteur à Melbourne (depuis revenu à Toulouse), « Grand Chien » ne répond pas aux formats traditionnellement utilisés dans l’hexagone. Un vent nouveau souffle donc sur cette nouvelle scène parfois surcotée, grâce à une plume remarquable et des mélodies sinusoïdales dont Barbagallo a le secret. Personnel, parfois troublant, l’album n’en est pas moins radiophonique par séquences (Mungibeddu) et possède quelques titres vertigineux comme La Vérité. Une ouverture spectaculaire qui annonce l’un des thèmes phare de ce bijou pop-folk : l’éloignement.

    Membre du Big Five chez Tame Impala, Barbagallo sort ici de la grosse machine dirigée par Kevin Parker pour prendre la direction complète des opérations, empruntant au passage des influences adoptées au sein du groupe australien. Contraste intelligent avec des ballades modernes qui rappellent le meilleur de Laurent Voulzy (Le Carquois Tchadien, Nouveau Sidobre), le punchy Longue La Nuit se révèle parfois proche de l’excellent Bliss, entendu sur « Innerspeaker ».

    Original, authentique et sans accroc

    Ancien batteur de Tahiti 80, toujours fourré dans divers projets indépendants (Le Cube, Aquaserge…) et même appelé en renfort pour accompagner Pond à la basse lors d’une tournée américaine, Julien Barbagallo joue ici de tous les instruments et mélange les genres comme une évidence. Fort de toutes ces collaborations, travailleur acharné, l’homme qui dit “ne pas pouvoir échouer” dans sa passion se révèle aussi adroit techniquement dans les arrangements de ses chansons (Pas Grand Monde) que pour conter son vécu. Libre comme l’air sur Oubliez-Moi, touchant sur Moitié de Moi, il se moque brillamment des conventions sur Le Carquois Tchadien (“à 30 ans, deux enfants ; un petit, un plus grand, qui rient aux éclats… pas moi”).

    Avec 10 titres au compteur, « Grand Chien » est un splendide voyage à travers le Nouveau-Mexique, la Sicile, l’Australie et le Sud-Ouest de la France, si cher à l’albigeois. Un album original, authentique et sans accroc. Une vraie réussite d’émancipation.

    Olivier Cougot

    Dates de tournée :

    – 7 octobre au MIDI Festival (Toulon)
    – 8 octobre Festival de Marne (Créteil)
    – 2 décembre au Trans Musicale de Rennes
    6 décembre au Point Ephémère (Paris) Winter Camp Festival
    – 8 décembre au Bikini Weekend es Curiostés (Toulouse)

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