Faust entre l’Amour et le Diable
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Faust De Charles Gounod Mise en scène de Jean-Romain Vesperini Avec Jusqu’au 28 mars à 19h30 Tarifs : de 5 à 214 € Réservation au Durée : 3h30 avec entracte Opéra Bastille M° Bastille (lignes 1, 5 et 8) |
Jusqu’au 28 mars 2015
On attendait beaucoup de cette recréation d’une production de 2011 qui n’avait pas laissé un souvenir impérissable. Celle qui nous est proposée aujourd’hui offre de très belles voix dans un décor qui manque encore de rêve. Une transposition dans les années 30 Jean-Romain Vesperini, qui a été l’assistant de Luc Bondy et de Peter Stein, reprend donc la mise en scène d’une production dirigée par le grand chef d’orchestre Michel Plasson. De ce Faust, il propose une lecture simplifiée qu’il inscrit dans la période de l’entre-deux-guerres, en 1930, en souhaitant jouer sur l’aspect fantastique et fantasmé du mythe de Faust, et surtout du personnage de son amoureuse, Marguerite. Mais le metteur en scène hérite du décor circulaire et monumental, une bibliothèque blanche sertie par d’immenses escaliers sur un fond noir qui forme une enceinte close, dont il n’utilise jamais les entrées ni les sorties. Ce qui pourrait évoquer le rêve, l’ouverture sur un ailleurs fantasmé, ne peut donc pas fonctionner tant l’action des personnages semble réduite. Dans le rôle de Faust, le ténor polonais Piotr Beczala fait preuve d’une remarquable articulation française avec un timbre agréable et riche, tout en nuances et en délicatesse. C’est un régal. La Marguerite de Krassimira Stoyanova, qui n’a rien d’une jeune fille éthérée, possède une voix puissante et chaude, une technique musicale assurée et une belle prestance dramatique, bien que son français soit très peu compréhensible. On a aimé la basse russe Ildar Abdrazakov, physique imposant et tempérament de jouisseur pervers dans le rôle de Méphistophélès ainsi que la jeune Anaïk Morel dans le personnage de Siebel, sensible et déchirée. Jean-Francois Lapointe (Valentin) et Doris Lamprecht (Dame Marthe) sont irréprochables. Une manière somptueuse de faire sonner les cordes, une volonté d’harmonie dans les différentes tonalités, une mise en lumière juste des fameux solos de Faust ou de Marguerite, une direction précise des chœurs (soldats, villageois…) si nombreux dans l’opéra de Gounod, la direction orchestrale de Michel Plasson n’a plus rien à prouver. Elle emporte l’adhésion, sans fanfare ni effets d’annonce. La musique si populaire de Gounod est jouée de manière très séduisante. On aurait aimé que la scénographie et la mise en scène aillent dans le même sens, d’autant que s’y adjoint une nouvelle chorégraphie. Mais c’est la musique ici qui triomphe. Hélène Kuttner [Crédit photos : Vincent Pontet] |
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