0 Shares 1680 Views

Franco Fagioli – Laurence Equilbey – Opéra royal de Versailles

10 novembre 2013
1680 Vues
Fagioli-Franco-02

On ne présente plus le chœur Accentus dirigé par Laurence Equilbey. Depuis la date de sa création en 1991, il a rencontré un très large succès critique et public. En revanche, l’Insula Orchestra, créé en 2012 par la même Laurence Equilbey, n’a pas encore la même popularité. Ce nouvel orchestre, qui ouvre avec ce concert sa deuxième saison, joue sur instruments d’époque, et se consacre en grande partie à la musique du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Il propose quatre programmes par an, chacun joué à deux ou trois reprises dans des salles différentes (notamment dans les Hauts-de-Seine, mais aussi Paris, Versailles, Reims ou Aix-en-Provence). Ces concerts sont souvent réalisés avec la collaboration du chœur Accentus, ce qui semble en faire le pendant orchestral.

Orfeo ed Euridice de Gluck fut composé à une période charnière de l’œuvre du compositeur allemand dont Alceste, présenté récemment à l’Opéra Garnier, est l’autre jalon. C’est avec ces œuvres, dans les années 1770, et leurs différentes variantes, que Gluck élabore ses réformes qui l’ont rendu célèbre. L’action de l’Orfeo est assez exceptionnellement resserrée sur trois personnages, dont deux, l’Amour et Euridice, ont un rôle réduit. La brièveté du livret constitue en grande partie la nouveauté de l’œuvre.

C’est la version viennoise, en italien, c’est-à-dire la version de la création de l’œuvre avant modifications, qui est choisie ce soir par Laurence Equilbey. La création fut chantée par un castrat dans le rôle titre, et l’on imagine que pour cette raison, ainsi que pour la langue et l’ornementation, Franco Fagioli ait préféré interpréter les airs de la première version.

Franco Fagioli est un phénomène. Agé d’à peine plus de trente ans, ce chanteur argentin est déjà l’un des plus grands contre-ténors de la scène internationale. Il est doué à la fois d’une belle aisance, d’une grande légèreté, mais également d’une redoutable puissance, aussi bien sonore que dramatique.

Les deux rôles féminins, moins importants, sont tenus par Emmanuelle de Negri (Amore) et la suédoise Malin Hartelius (Euridice). Quoique toutes deux sopranos, leurs timbres respectifs sont parfaitement singuliers. Le caractère dramatique de chacune d’entre elles ressort ainsi aisément.

Le dernier air de l’acte 1 de Fagioli donne lieu à une cascade d’applaudissements. Quelle aisance technique ! et quelle projection sonore pour un Contre-ténor ! Le chœur n’est pas en reste dans la descente aux enfers au début du deuxième acte. Quant au célèbre “Che faro senza Euridice ?” à la fin du troisième acte, c’est encore l’occasion d’une ovation pour Franco Fagioli.

Seul petit bémol de la soirée, l’orchestre, dont la texture semble demeurer sur un registre unique : gageons que cette très jeune formation saura développer plus de matière sonore à l’avenir.

Enfin, il est impossible d’assister à un concert dans la salle de l’Opéra Royal de Versailles sans s’extasier sur sa beauté. Elle mérite à elle seule le déplacement.

En ce moment

Articles liés

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel
Agenda
155 vues

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel

Une adaptation des Carnets du Sous-sol, un seul-en-scène sans filtre, du pur Dostoïevski, démesuré et jouissif. C’est un homme d’une quarantaine d’années, pétri d’amour-propre et de ressentiment, vivant depuis trop longtemps seul dans son “sous-sol, qui sort exceptionnellement de...

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !
Agenda
135 vues

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !

Le Studio de l’Ermitage accueille Alix Logiaco, son trio et ses invités à l’occasion de la sortie de son dernier album “From Sand To Land”  À propos de l’album From Sand To Land Alix Logiaco Trio a sorti, le...

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule
Agenda
825 vues

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule

Trois voleurs maladroits se déguisent pour piéger une riche lady… Mais le destin va en décider autrement. Une comédie familiale et déjantée pleine de péripéties rocambolesques, de danses effrénées et de transformations de personnages ! Trois voleurs peu dégourdis,...