Gaspard Royant créé son propre espace-temps à la Maroquinerie
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Gaspard Royant à la Maroquinerie 11/04/2016 FB – Gaspard Royant |
Quelques jours après la sortie de son deuxième album « Have You Met Gaspard Royant ? », le plus américain des crooners français faisait son retour sur scène dans l’intimiste Maroquinerie. Du rock’n’roll originel des États-Unis des 50’s à la Northern Soul britannique des années 60/70, Gaspard Royant et son univers rétro-chic nous ballade dans l’espace et dans le temps. Retour sur une soirée dépaysante et génialement vintage. Le ton est donné dès qu’on pénètre dans la Maroquinerie. Les standards de la country et du blues « I’m Movin’ On » de Hank Snow et « Mannish Boy » de Muddy Waters résonnent dans la salle. On a déjà un orteil aux États-Unis. Quand débarque Theo Lawrence sur scène, c’est notre corps et notre esprit tout entier qui s’échappe de l’autre côté de l’Atlantique. Du haut de ses santiags et de ses à peine 20 ans, le jeune parisien semble avoir déjà tout vu, tout vécu. Tel un George Ezra hexagonal, il cache derrière ses cheveux gominés et sa chemise à carreaux la voix rocailleuse d’un bluesman noir de 50 ans qui aurait passé sa vie à barouder sur les routes américaines. Avec pour seul compagnon sa guitare acoustique et le faible battement de ses talons sur le sol, il raconte des histoires, les siennes et celles des autres, en mélangeant compositions personnelles et reprises. Face à lui, la Maroquinerie l’écoute religieusement. Cheveux gominés, smoking blanc cintré et chaussures rutilantes, seul la paire de Ray Ban manque à sa panoplie habituelle. Même dress-code pour son groupe, tous en costume noir. Cet esthétisme créé une homogénéité élégante à la Beatles. D’autant plus que leur complicité et leur plaisir de jouer ensemble sont évidents. Le groupe enchaine les morceaux enlevés et sautillants extraits des deux albums. Sur « All the Cool in You Is Me », « Europe », ou « 7 Inch Club », Gaspard Royant tambourin à la main, fait démonstration de son jeu de jambes étourdissant. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a la bougeotte. Sur scène, d’abord, où il évolue comme un poisson dans l’eau. Mais dans la vie aussi. Son album, il l’a enregistré entre Carpentras, Londres et le nord de l’Écosse. Ses vagabondages sur les routes américaines nourrissent sa musique. Évidemment, son livre préféré, c’est Sur la route, de Kerouac. Et son héros ? Marty McFly. Si nous étions physiquement au 23 rue Boyer ce soir là, Gaspard Royant et sa clique nous ont transporté dans un espace-temps loin, très loin d’ici. Sur “Marty McFly”, le chanteur proclame vouloir se réveiller en 1985. La Maroquinerie, elle, s’est retrouvée quelque part dans le passé. Ou le futur. On ne sait plus trop, on est perdu. Peu importe. En s’inspirant d’une époque révolue qu’il n’a pas connu, Gaspard Royant délivre un univers empreint de nostalgie, et pourtant profondément moderne. Il tire ses influences du producteur Phil Spector, de Roy Orbison ou des Everly Brothers, et ajoute sa patte contemporaine à ce savant mélange. Surtout pas rétrograde, encore moins bloqué dans une époque passée, Gaspard Royant créé son propre-espace temps. Intemporel. Allez vite écouter son dernier single « Baby I’m with You ». Ça vous rendra joyeux, et vous pourrez même dire que vous écoutiez le monsieur avant que son nom soit sur toutes les bouches. [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=EVCSuh6GV00[/embedyt] Setlist :
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