Musique américaine – Festival Présences
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Musique américaine Festival Présences Andrew Norman Sam Shepherd (Wanderlust) John Adams Inon Barnatan, piano Le jeudi 12 février 2015 Auditorium de Radio France RER B – Avenue du Président Kennedy |
Le jeudi 12 février 2015 Musique symphonique américaine à l’Auditorium de Radio France par l’Orchestre National de France. Le festival Présences est cette année dédié au continent américain. Le concert de jeudi 12 février de l’Orchestre National de France propose quatre compositeurs originaires des États-Unis : John Adams, qu’on ne présente plus, et trois autres compositeurs, dont deux jeunes, peu joués en France. Les trois pièces d’orchestre de ces trois derniers compositeurs ont été commandées et créées par de grandes phalanges américaines et sont données ce soir en création française. Le nouvel auditorium est aux deux tiers vide, et l’on peut s’interroger sur la communication du festival. Il y a vingt ans, on reprochait à la musique contemporaine atonale de faire fuir le public. Maintenant que l’on programme enfin la musique nord-américaine, il y a encore moins de monde. Pourquoi ? Prospero’s room, première œuvre au programme, a été écrite par Christopher Rouse, professeur à la Julliard School. Elle a été commandée par le New York Philharmonic et Alan Gilbert et créée en 2013 à l’Avery Fisher Hall. C’est une ouverture de concert, pensée pour un opéra jamais composé, au caractère dramatique évident. Pièce d’un seul tenant, à l’intensité expressive efficace, elle recourt à des gestes instrumentaux parfois très simples. Suspend, d’Andrew Norman, est un concerto pour piano commandé par le Los Angeles Philharmonic et Gustavo Dudamel et créée en 2014, avec Emmanuel Ax au piano. C’est le pianiste israélien Inon Barnatan qui tient ce soir la partie de soliste. Il joue avec partition, mais sur un iPad délicatement posé devant lui, sans avoir à en tourner les pages. C’est une pièce très contemplative. Elle déploie un espace sonore diatonique singulièrement statique. Le pianiste débute seul en effectuant des gestes silencieux sur le clavier, puis, après une minute, les premières notes sortent de nulle part. L’orchestre entre ensuite progressivement, chaque pupitre de cordes étant semble-t-il divisé, superposant ainsi une multitude de tenues à la couleur invariable.
Enfin, la suite symphonique Doctor Atomic tirée de l’opéra du même nom de John Adams. C’est très efficace, très tranché, voire mécanique. L’intensité expressive fonctionne parfaitement. La notice du programme déclare l’œuvre créée en 2007 aux Proms. Pourtant, la version de 2007 durait 45 minutes et non 25 comme ce soir (les 20 minutes suivant l’introduction ont été retirées par le compositeur en 2008). Marie Torrès |
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