Les filles de Illighadad, musiciennes Touarègues
© Produktionsfirma Sahelsounds/ C. Kirkley
Originaires de Illighidad dans le Sahara Nigérien, un petit village, à l’ouest du Niger. C’est en 2016 pour leur tournée en Europe, que les filles quittent pour la première fois leur Sahara natal. Depuis leur musique, en pleine expansion fait le tour du continent, sans ne laisser personne indifférent.
Les filles de Illighadad, ce sont trois jeunes femmes, Fatou Seidi Ghali, Alamnou Akrouni, Mariama Salah, et un guitariste additionnel : Ahmoudou Madassane. Le groupe est découvert par Christopher Kirkley. C’est en voyant une vidéo de Fatou, chantant, guitare électrique en main que le producteur de Sahel Sounds est interloqué : “Voilà une image bien rare, les femmes touarègues ne jouent habituellement pas de guitare, c’est un instrument réservé aux homme”. Mais aussi, cette guitare en particulier, il la connaît : c’est celle qu’il a donnée à Ahmoudou Madassane, guitariste de Mdou Moctar, lui-même signé chez Sahel Sounds. Ahmoudou se trouve être le cousin de Fatou. C’est ainsi que l’histoire débute.
Pour décrire le style de musique des filles de Illighidad, l’on parle de “blues touareg”, qui est en fait un métissage de musique sahélite des 70’s, de sonorités folk, blues et traditionnelles. L’idée principale est de laisser une trace de leur art, mais aussi de présenter ces éléments traditionnels que sont le takamba et le tendé. Le takamba est un luth à une cordes, un instrument traditionnel, mais le terme désigne aussi un style musical. Quant au tendé, c’est un tambour joué spécialement par les femmes, mais aussi un art de poésie, de chants et de soutien.
Les filles chantent leur quotidien, l’amour, la condition des femmes, la guerre, la vie au village… Elles sont inspirées par la réalité, et ce qui les entoure. Leur modèle, c’est Lalla Badi, originaire de Tamanrasset (sud de l’Algérie), musicienne, chanteuse, peu connue en Occident mais figure extrêmement respectée aux Sahara, elle inspire les filles par la poésie et la sagesse de ses chants. Aussi, comme elles, Lalla Badi pratique le tendé. Elle représente cet art traditionnel ancestral, si important aux yeux des filles.
Soraya Assae Evezo’o
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