0 Shares 1482 Views

    Lionel Bringuier – Orchestre de Paris

    17 octobre 2015
    1482 Vues
    Lionel-Bringuier-2-405x270

    Lionel Bringuier en concert

    Jörg Widmann, Con brio
    Robert Schumann, Concerto pour piano
    Piotr Illitch Tchaïkovski, Ouverture-fantaisie de Roméo et Juliette
    Zoltan Kodaly, Danses de Galata

    Martin Helmchen, piano
    Orchestre de Paris

    Lionel Bringuier, direction

    Le jeudi 15 octobre 2015

    Philharmonie de Paris
    M° Porte de Pantin

    philharmoniedeparis.fr

    Le jeudi 15 octobre 2015

    Beau succès de Lionel Bringuier pour sa première expérience avec l’Orchestre de Paris.

    Lionel Bringuier n’a pas encore trente ans. Il est certainement le plus prometteur des jeunes chefs français d’aujourd’hui. Après avoir été l’assistant de Esa Pekka Salonen à Los Angeles, il a été nommé à la tête de l’orchestre de la Ton-Halle de Zurich.

    C’est un programme pour le moins hétéroclite, oscillant entre oeuvres célèbres, peu connue et contemporaine.
    Le concert débute avec une création de 2008 du compositeur et clarinettiste allemand Jörg Widmann, Con brio. Elle a déjà été jouée à plusieurs reprises par l’Orchestre de Paris. Compositeur prolifique, il est aujourd’hui joué par les plus grands interprètes. Écrite pour un orchestre “par deux”, Widmann s’inspire ici des Symphonies n°7 et n°8 de Beethoven. Elle offre un mélange surprenant entre citations et collages notamment d’accords issus de ces symphonies, et un panel de modes de jeux, à la mode outre-Rhin, que nous pourrions qualifier de Lachenmanniens. Tout semble fait pour que notre attention soit sans cesse surprise. De vives tensions sont brutalement interrompues. Les phrases cachées de Beethoven s’emmêlent et se brisent dans une énergie folle. Docile, le public n’offre aucun rappel.

    Le célèbre Concerto pour piano de Schumann n’est pas une mince affaire à tenir de bout en bout. D’une écriture dense et complexe, il faut garder la ligne et savoir guider étape par étape l’auditeur. C’est donc une certaine déception que nous éprouvons ce soir. Lionel Bringuier dirige en retenue, comme s’il posait chaque élément l’un après l’autre. Quant au pianiste allemand Martin Helmchen, grand, maigre, à la veste longue et flottante comme ses longs cheveux, il ne s’extraie jamais d’une palette quasi-unique, entre un touché fugace dans la nuance piano, et des forte secs sans corps. Le tout produit étrangement une certaine lourdeur qui n’avance pas dans le premier mouvement. Phénomène rare avec le public de l’Orchestre de Paris, il applaudit avant le deuxième mouvement. Peut-être n’a-t-il pas entendu l’oeuvre comme nous, ou au contraire, a-t-il eu besoin de se dépenser ?
    L’intermezzo est joué dans le même esprit, quoique le jeu de réponses entre l’orchestre et le soliste fonctionne très bien.
    En bis, le pianiste allemand joue L’oiseau Prophète.

    C’est une toute autre deuxième moitié de concert. Le grand orchestre de Tchaïkovski dans son Ouverture-fantaisie de Roméo et Juliette a une sonorité d’une amplitude exceptionnelle. L’oeuvre est connue, mais elle est diablement efficace. Avec la très belle introduction des clarinettes et bassons, la pâte tchaïkovskienne est immédiatement reconnaissable. Le lent déploiement de la première partie aboutit à un tutti aux accents profonds. Les sonorités graves résonnent admirablement dans l’acoustique de la salle. Le célèbre thème de cor anglais suivi de sa réponse aux cordes est un enchantement. Le finale emporte le public par une puissance paroxystique.

    Les Danses de Galanta sont l’une des oeuvres les plus célèbres de Kodaly et peut-être la seule de ce compositeur que l’Orchestre de Paris joue régulièrement. Contemporain de Bartok, Kodaly s’est également fortement inspiré du folklore traditionnel des Balkans. L’oeuvre juxtapose ainsi de façon étonnante les modes majeurs et mineurs, ainsi que de nombreux changements de tempo et de carrures de phrases. La cohésion de l’Orchestre de Paris est magnifique.

    Marie Torrès

    En ce moment

    Articles liés

    Hellfest 2026 : dimanche 21 juin (partie IV)
    Musique
    76 vues

    Hellfest 2026 : dimanche 21 juin (partie IV)

    Nous voici donc arrivés à la quatrième et dernière journée du Hellfest sous une chaleur étouffante, en continuant notre pèlerinage devant nos scène préférées avec quelques excursions sous un soleil de plomb… Thy Lyght Mais l’aurore était ici délicate...

    À Avignon, « Mon frère » : un acte d’amour et de résistance
    Spectacle
    193 vues

    À Avignon, « Mon frère » : un acte d’amour et de résistance

    Dans un duo inédit, François Gremaud, auteur, metteur en scène et comédien, et Christian Gremaud, son frère, Sourd de naissance, racontent leur complicité à travers leurs différences ainsi que le long combat des personnes malentendantes, leur difficulté à être...

    Hellfest 2026 : samedi 20 juin (partie III)
    Musique
    131 vues

    Hellfest 2026 : samedi 20 juin (partie III)

    Et c’est parti pour la troisième et avant-dernière journée de cette 19ème édition du Hellfest 2026 avec une présence encore plus accrue des tentes obscures !  Non Est Deus Débutons ce samedi avec une « messe »… particulière !...