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    Picasso.mania au Grand Palais

    19 octobre 2015
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    Picasso.mania

    Du 7 octobre 2015 au 29 février 2016

    De 10h à 20h ; mercredi, vendredi et samedi de 10h à 22h.

    Fermé le mardi sauf pendant les vacances scolaires

    Fermeture anticipée à 18h les 3, 24 et 31 décembre. Fermeture le 25 décembre

    Plein tarif : 14 €
    Tarif réduit : 10€

    Galeries nationales du Grand Palais
    3, avenue du Général Eisenhower
    75008 Paris
    M° Franklin-Roosvelt

    www.grandpalais.fr

    Personne ne le conteste : Picasso est un géant, un monstre sacré qui a marqué l’art du XXe siècle. À ce titre, nombreux ont été les artistes qui se sont mesurés au maître, entre citations littérales et hommages. Mais voilà, un autre constat s’impose : il est bien souvent difficile de se détacher de l’emprise de la star espagnole lorsqu’on joue à ce jeu, ce qu’illustre l’exposition des Galeries nationales du Grand Palais. Une invitation à plonger dans le tourbillon de la Picasso.mania !

    On reconnaît immédiatement un Picasso : un portrait complètement déconstruit par la moulinette cubiste, où se bousculent les yeux, le nez et la bouche, et le tout couronné d’un chapeau exubérant. Roy Lichtenstein ne s’y est pas trompé et c’est bien les portraits de Dora Maar des années 1930 qu’il passe, lui, à la moulinette Pop. Une icône artistique devenue une icône du monde de l’art. Car l’histoire de Picasso est aussi celle-là : celle d’un artiste qui a révolutionné l’art au même titre qu’un Marcel Duchamp et qui est devenu une personnalité du star système. Il a réussi à conjuguer avec son génie artistique une personnalité forte, un succès commercial et les frasques amoureuses.

    Objectif atteint

    Argent, sexe et succès, les ingrédients de choix pour faire de Picasso un héros adulé par la presse et les médias. Il ne manque que le scandale. Il viendra à la fin de sa vie pourrait-on dire, alors qu’il semble atteindre l’objectif qu’il s’était fixé comme il le dit lui-même  « J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant ». Peu avant sa mort endeuillant l’année 1973, l’historien de l’art Douglas Cooper le critiquera violemment, qualifiant ses tableaux de « gribouillages incohérents exécutés par un vieillard frénétique dans l’antichambre de la mort ». Le maître catalan expose alors au Palais des Papes à Avignon ses Mousquetaires critiqués. Mais vient en même temps le premier hommage de ses contemporains, en 1971, avec le portfolio commandé par le critique autrichien Wieland Schmied pour célébrer le quatre-vingt-dixième anniversaire du peintre. Cinquante compagnons de route répondent présent, des abstraits aux minimalistes en passant par les abstraits, les réalistes ou les Pop.

    BD CHERI SAMBAPeut-on se mesurer à une icône ?

    Plus de quarante ans après, le Grand Palais reprend le flambeau et démontre combien Picasso reste une figure de référence – au point d’être grimé en sculpture humoristique dès la première salle par Maurizio Cattelan – et ses œuvres devenues des emblèmes. Parallèlement à une sélection d’œuvres du maître, le commissaire met en regard les œuvres faites « à la manière de ». Certains comme David Hockney s’essaie à rependre le style cubiste des débuts en le détournant – les photographies devenant autant de facettes décomposant ses natures mortes – lorsque les Warhol ou Claes Oldenburg reprennent les tableaux en leur relisant avec un filtre pop. On reste beaucoup dans la citation, particulièrement avec ce tableau emblématique qu’est Les Demoiselles d’Avignon, cette œuvre jalon entre la modernité de Cézanne et le basculement dans l’avant-garde du début du XXe siècle avec l’influence de l’art africain. Certains réussissent à nous emporter ailleurs, brillamment pour Rineke Dijkstra avec sa vidéo où on aborde La femme qui pleure à travers les descriptions d’enfants, ou encore avec le monumental Who’s Afraid of the Big bad wolf ? d’Abel Abdessemed, reprenant le format de Guernica et proposant une lecture de la maxime de Plaute : « L’homme est un loup pour l’homme ». Mais il reste difficile de surpasser une icône.

    Stéphanie Pioda

    [Photo. Erró, Hommage à Picasso, 1982. Peinture glycérophtalique sur toile. Antibes, musée Picasso, dépôt du Centre national des arts plastiques depuis 1985 © Adagp, Paris 2015. Photo CNAP / Yves Chenot // Chéri Samba, Picasso, 2000. Acrylique sur toile. Collection particulière © Chéri Samba]

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