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    -M- et Lamomali à l’Accor Arena : un voyage musical sans frontières

    Alexandra Ferrero 23 décembre 2025
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    © Alexandra Ferrero

    C’est à Paris que Matthieu Chedid, alias -M-, a clôturé sa tournée “Totem” avec le collectif franco-malien Lamomali. En 2017, ils nous avaient transportés vers des contrées lumineuses ; cette année, le spectacle nous a fait voyager encore plus loin vers la terre rouge, vers une Afrique pleine d’humanité où l’amour et le partage règnent en maîtres. Toutes les dates de la tournée de l’album “Totem” ont affiché complet, et nous étions présents à l’Accor Arena ce 16 décembre 2025 pour vibrer au son de l’exceptionnel.

    À 20h45, la scénographie se dévoile : un immense totem géométrique noir et jaune, dressé au centre du décor, symbolise le lien entre la terre et le ciel. Matthieu Chedid et Fatoumata Diawara créent la surprise en arrivant par le fond de la salle ; veste en tissu wax, jaune et bleu, réhaussé de paillettes pour lui, tenue africaine quasi royale pour elle. Le public, déjà en transe, les acclame sur les accords de Ama kora, alors qu’ils traversent la fosse avant de rejoindre sur scène les autres musiciens.

    Tout au long du show, nos oreilles se laissent porter par les vibrations de la kora, instrument traditionnel, et par celles de la guitare électrique, célébrant ainsi avec délice la rencontre des cultures, à travers des titres du répertoire de Matthieu Chedid et des morceaux du collectif Lamomali. Parfois, des moments de recueillement ponctuent le spectacle, car Matthieu Chedid n’oublie jamais les grands absents. L’hommage à Toumani Diabaté (Bel ami), l’un des plus grands joueurs de kora, disparu en 2024, est particulièrement émouvant.

    Lors des concerts de -M-, les initiés attendent toujours les incontournables, comme son étendard Je dis aime, écrit par sa grand-mère, la poétesse Andrée Chedid. La chanson débute sur la voix cristalline de Lubiana en duo avec -M-, avant que celui-ci n’électrise toute la salle. Une nouvelle salve de frissons nous saisit avec le sublime Manitoumani : son rythme commence lentement, puis s’emballe pour annoncer une série de titres survoltés, interprétés sans interruption. Au moment où Oxmo Puccino rejoint Matthieu Chedid sur scène pour le Bal de Bamako, ce sont des hurlements jubilatoires qui accompagnent son arrivée. Et à la surprise générale, sur Machistador, l’excitation culmine lorsque -M- s’exclame : “… j’aimerais qu’on appelle avec le cœur Mc Solaaaar !”. Le rappeur surgit en scandant des paroles de “Qui sème le vent récolte le tempo” sur le rythme de Machistador, offrant alors une rencontre musicale inattendue, magistralement orchestrée ! Fin du set principal.

    Le rappel endiablé s’ouvre sur un solo de guitare de -M- qui, pendant près d’un quart d’heure sans jamais interrompre son jeu, descend dans la fosse, court dans les gradins, traverse les rangs et fait le tour complet de l’arena. C’est absolument phénoménal. Quelle énergie, quelle flamboyance ! Habitué des bains de foule, Matthieu Chedid semble autant galvanisé par son public qu’il ne le galvanise lui-même. De retour sur scène, la troupe termine joyeusement cette célébration lumineuse avec Je t’aime et Une âme. Clap de fin sur des visages émus, à la fois sur scène et dans le public. Nous repartons émerveillés par cette expérience prodigieuse, tellement riche de ses métissages.

    La tournée Totem, ce sont six mois, soixante représentations et 450 000 spectateurs. Matthieu Chedid s’est exprimé sur les réseaux sociaux : “Ce concert a été la consécration de tout un voyage. Au-dehors et au-dedans, tellement profond, tellement humain, tellement musique, tellement puissant, métissé et collectif. Lamomali est plus qu’un concert : ceux qui l’ont vécu le savent. Devant comme derrière la scène, la joie était partout. Merci pour cette communion rare, si rare dans ce monde pourtant si beau.”

    Merci Matthieu de mettre du soleil dans nos vies. Lamomali transporte, son alchimie entraîne dans un voyage musical inédit et spectaculaire. C’est aussi une épopée d’amour sans frontières.

    © Alexandra Ferrero

    Alexandra Ferrero
    (@la_plumographe : https://www.instagram.com/la_plumographe/ )

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