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NDH : “Nous, c’est l’audio avant le visuel”

4 juillet 2020
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Rencontre avec le rappeur NDH. Le 29 mai dernier ce rappeur de La Rochelle sortait son dernier clip Dictature, il nous parle ici du chemin qu’il a parcouru et de ses inspirations. 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

NDH, 26 ans, originaire de la banlieue parisienne, dans le 95. Installé sur La Rochelle depuis mes 14 ans, je suis impliqué dans la vie sociale et culturelle de cette ville depuis 2016 et ancien animateur du studio 17 K.RATS à Villeneuve-les-Salines.

Pourquoi le rap ?

Car c’est la musique que j’ai découvert en premier après les classiques de variété que mes parents écoutaient. C’est celle qui me parle et me ressemble le plus et qui, à mon sens, nous offre le plus large choix en termes de possibilité artistique. Tous les rythmes, les couleurs, les émotions peuvent s’adapter à un morceau de rap. L’art de la rime est aussi un aspect qui m’a énormément attiré.

D’ou vient ton inspiration ?

Elle me vient principalement de mon histoire et de celles des gens qui m’entourent. Également des artistes que j’apprécie et écoute beaucoup. L’inspiration varie énormément selon l’état d’esprit et l’humeur du jour.

Peux-tu nous décrire ta musique en quelques mots ?

“Nous, c’est l’audio avant le visuel”. Ma musique c’est avant tout une grande histoire d’amour entre le hip-hop et moi. Ma musique c’est moi, je parle comme je chante et quand je n’écris pas pendant une semaine, je commence à craquer. Pour moi, c’est une nécessité d’écrire.

Y a-t-il un artiste ou un album qui t’a particulièrement marqué ou inspiré ? Pourquoi ?

L’artiste qui m’a plus le marqué restera à jamais Nakk Mendosa, ancien rappeur du collectif Soldafada. De par son message, son écriture, et l’extrême précision de ses placements : c’est hyper technique ! Quand je l’écoute, je me dis : “Comment a t-il fait pour aller chercher ça ?”. C’est ce que je recherche quand j’écris mes morceaux, je ne le fais pas en me disant que tout le monde peut le faire et va pouvoir chanter mon couplet ou mon refrain. Pour moi c’est de la performance et à ce niveau-là, Nakk est le plus fort.
Mention spéciale aussi à Alpha Wann pour son album Une main lave l’autre.

Peux-tu nous raconter ton parcours en quelques mots ? As-tu rencontré des obstacles ?

J’ai réellement commencé le rap quand je suis arrivé à La Rochelle en 2007, sur la scène de la Saint Jean à Villeneuve-les-Salines. J’ai ensuite rencontré Pierre qui a créé l’association 17 K.RATS, avec qui j’ai travaillé et développé la structure. Je n’ai jamais rencontré d’obstacle à proprement dit mais après dix ans d’activité, force est de constater qu’aujourd’hui La Rochelle ne dispose plus de studio officiel, les concerts sont rares, les festivals locaux n’ont jamais évoqué de partenariats quand les structures étaient actives.
Je pense qu’il y a réellement de quoi faire mais qu’avec la culture hip-hop, on n’a jamais su s’y prendre ici…

Quelle serait la meilleure collaboration dont tu puisses rêver ?

Encore une fois, ce serait Nakk pour mon plus grand bonheur. Niro ce serait fou également et pour finir avec un rappeur actuel, je te réponds directement Take A Mic ou Alpha Wann.

Dans ta musique un sujet revient souvent, il s’agit du manque de moyens que tu rencontres pour t’exprimer. Peux-tu nous en parler ? Penses-tu que cela aurait été différent à Paris par exemple ?

Je ne parlerais pas de moyens mais plutôt d’opportunités. C’est juste une question d’échelle et de proportion. La Rochelle c’est petit et malgré l’explosion du rap depuis quelques années, je ne suis pas sûr que ça fasse l’unanimité ici. Quand j’allais sur Paris, en 24h je trouvais un open mic ou un plan concert par exemple. Ici, ça ne t’arrivera jamais. Je pense juste qu’à Paris chaque rappeur de La Rochelle aurait rencontré dix fois plus de têtes et fait plus de concerts.

L’album qu’on devrait tous écouter ?

Nakk – Street Minimum.

As-tu des projets en cours ou à venir dont tu peux nous parler ?

Je ne peux pas encore annoncer le projet concret, juste vous dire qu’il va se passer quelque chose à partir de septembre. Pour ceux qui me suivent depuis le début et ceux qui nous ont rejoints en cours de route, ils s’apercevront très vite que je suis resté le même mais que j’ai changé la méthode et mes axes de réflexions. Je suis passionné mais aussi un grand je-m’en-foutiste, j’en ai longtemps fait qu’à ma tête mais aujourd’hui j’ai enfin suivi les conseils de mes proches et ça a l’air de plutôt bien marcher. Donc restez branché jour et nuit, ça va venir de tous les côtés.

Où te vois-tu dans dix ans ?

Dans dix ans j’aurais 36 ans, ça devient sérieux là. Soit j’aurai réussi dans la musique et je serai sûrement sur le point de dire adieu avec un bel album, ou tu me trouveras aux cotés d’ArturoProd à la réalisation des clips des poulains qui évoluent dans l’écurie.

Propos recueillis par Justine MAILHE

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