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Pétrole : “Ce qu’on a envie c’est de défendre les artistes toulousains”

© Pétrole

À l’occasion de la sortie de leur compile quarantaine, réunissant 40 artistes toulousains, Antonin, membre du collectif Pétrole revient avec nous sur les différentes étapes qui ont jalonné ce projet.

Est-ce que tu peux me parler un peu plus du collectif Pétrole ?

Pétrole c’est un collectif de potes Toulousains-aines qui s’est monté il y a 4 ans autour des musiques électroniques. L’idée était d’organiser des soirées et de faire vivre les artistes et producteurs du crew au travers d’un label. Assez rapidement il y a eu ces deux axes qui se sont mis en place, une partie label avec des sorties de disques sur vinyle et en digital, et une partie événementielle avec des soirées pour promouvoir les disques, où on invite parfois d’autres artistes.
Ce qui est chouette dans Pétrole c’est qu’on y trouve plein de forces vives : il y a des musiciens mais aussi des personnes en charge de la partie visuelle du collectif. C’est une vraie plus-value, il y a toujours une esthétique créée par toute une équipe. Mais avant tout, Pétrole ça reste un projet de potes pour passer une bonne soirée et faire ce qui nous fait kiffer, c’est à dire sortir des disques et voir des artistes qu’on aime bien.

Comment a émergé cette idée de faire un projet participatif autour de 40 morceaux ?

Assez simplement, au début du confinement on s’est demandé ce qu’on allait pouvoir faire dans les semaines à venir. On avait des soirées calées sur Paris et Toulouse pour fêter l’anniversaire des 4 ans du collectif en mars et aussi des sorties sur le label, donc tout ça a été remis en question. On a eu envie de faire quelque chose qui perdurerait au delà du confinement via une compilation vraiment collaborative qui regroupe 40 artistes, pour symboliser la quarantaine.
Pour être tout à fait honnête, on ne pensait pas avoir 40 tracks mais on s’est retrouvés avec 140 titres en dix jours. De fil en aiguille, il y a un tas de choses qui ont été mises en place. Par exemple une mise en avant avec « Egregore », un média local sur lequel on va diffuser les mixtapes des DJs de la compilation tout un weekend pour promouvoir leurs profils. C’est un projet qui nous a tous mobilisé, au final on a plus de 3 heures de son avec des choses hyper qualitatives. On est vraiment ravi de l’engouement que ça a suscité sur la scène toulousaine dans sa globalité.

Vous êtes entre Toulouse et Paris, pourquoi avoir centré l’appel sur Toulouse ? Avez-vous une playlist parisienne de prévue pour bientôt ?

C’est entre Toulouse et Paris parce qu’on vient tous de Toulouse mais on habite à Paris, donc de ce fait il y a un lien qui s’est créé. Mais je ne pense pas qu’on ait l’ambition de faire une compilation avec des artistes parisiens. Nous on est tous de Toulouse et c’est aussi ce qu’on souhaite défendre avec Pétrole et particulièrement avec ce projet de quarantaine. Ce qu’on a envie c’est de promouvoir les artistes toulousains à Paris, pas dans le but d’être fermés d’esprit, mais plutôt de mettre en avant les artistes avec lesquels on a grandi depuis 6/7 ans sur Toulouse.

© Pétrole

Dans votre compilation il y a des morceaux de professionnels mais aussi d’amateurs. Est-ce une manière pour vous de sortir du circuit professionnel pour présenter une plus grande diversité ? 

Carrément, ça rejoint cette envie de faire un projet qui soit le plus large et éclectique possible. Assez naturellement, des artistes qui avaient des projets et des méthodes de production professionnels nous ont contacté, et inversement, des personnes qui n’avaient encore jamais sortis de titres nous ont écris spontanément avec des morceaux qui étaient super.
On a pu les accompagner pour que le rendu final soit qualitatif : des ingénieurs sons et des artistes ont permis de combler les lacunes que certains titres pouvaient avoir sur la production, pour mieux les faire sonner. L’idée était de ne pas être discriminant là-dessus, c’est le morceau avant tout, si ça nous plait on fait tout pour le sortir dans de bonnes conditions avec le meilleur rendu possible.

Et votre pochette, elle est made in Toulouse aussi ?

Complètement, c’est un artiste qui s’appelle Alcatela Illustration. Il est illustrateur et musicien et a passé 6 ans à Toulouse pour ses études. Il a pour passion de dessiner les villes dans lesquelles il va, toute la construction de son travail se fait autour des métros de chaque grande ville. L’illustration qu’on a utilisé pour la pochette, il l’avait déjà faite pour un poster il y a quelques années, et quand je lui ai demandé de l’utiliser pour la compilation, il était hyper partant de lui donner une seconde vie.

Qu’est-ce que vous prévoyez pour la sortie du confinement ?

On va organiser une grosse soirée à Toulouse qui sera gratuite pour remercier tout le monde et rencontrer tous les artistes qui ont participé. On va aussi presser la compilation sur CD pour qu’elle ne se perde pas dans les méandres du digital. Ça nous permet d’en garder un objet comme souvenir mais aussi de la distribuer gratuitement lors de la soirée qui sera ouverte à tous.

La compilation quarantaine est dès maintenant en téléchargement gratuit sur Bandcamp et disponible sur Soundcloud et Youtube.

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