Les uns sur les autres – Théâtre de la Madeleine
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| Les uns sur les autres
De Léonore Confino Mise en scène de Catherine Schaub Avec Agnès Jaoui, Pierre Vial, Olivier Faliez, Marie Petiot et Benjamin Witt À partir de 21 janvier 2014 Tarif Carré Or : 48€ // 1ère cat. : 38,50€ // 2ème cat. : 29€ // 3ème cat. : 17€ // Tarif moins de 26 ans : 10€ Reservations en ligne ou par tél. Durée : 1h25 Théâtre de la Madeleine |
À partir de 21 janvier 2014
L’histoire poignante d’une famille qui mange vite, respire vite, dort vite et digère lentement son passé. Une mère, un père, un grand-père, deux adolescents et un chien vivent dans un pavillon de bon standing, en banlieue parisienne. La mère ne cesse de répéter « À taaaaaaable ! », incapable de réunir cette famille trop occupée : le fils confond télé et réalité, la fille rêve de devenir anorexique, le grand-père égrène des souvenirs de guerre (dont certains sont peut-être inventés) et le père prétexte à toute heure une réunion au CNRS, ne sachant pas très bien s’il veut rester ou partir. Quand un matin la mère ne trouve plus Jane dans son lit, tout bascule. Les péripéties s’enchaînent jusqu’à la révélation d’un secret qui va rappeler à tous les membres esseulés de cette famille qu’ils partagent bien plus qu’un simple toit. Ils auront la nécessité de se questionner, se révéler, se rapprocher… Un texte poignant et hilarant sur l’importance des liens familiaux. Note du metteur en scène : « Quand Léonore Confino m’a fait lire Les uns sur les autres j’ai été frappée par l’universalité du propos malgré la singularité des personnages et de leur langage. Le texte m’a rappelé à ma propre vie de famille, à ses questions intimes, ses règles implicites, ses transmissions, à mon rôle de mère qui se demande en permanence si elle est une bonne mère… La pièce est tramée par un mouvement organique, profondément humain malgré l’omniprésence du monde de la « technologie ». Le jeu des acteurs doit être incarné, viscéral. Tous se débattent avec leurs émotions, contrastant avec la fonctionnalité de leur environnement. Le choix d’Agnès Jaoui dans le rôle de la mère suit cette direction : terrienne, à fleur de peau, une diction abrupte, elle révèle toutes les complexités d’une chef de famille qui a perdu le sens de ses actions. Le rythme est soutenu, les personnages parlent vite, mangent vite, dorment vite, respirent vite. Les bips, grésillements, sonneries de téléphones, minuteries entravent une communication déjà à l’agonie. Dans la première partie, la circulation des personnages à travers les différentes hauteurs et profondeurs du décor, donnent la sensation d’un manège détraqué et accéléré du quotidien. La pièce est en effet une reconstruction brutale du réel, un monde où les névroses du quotidien poussées à leur paroxysme deviennent poétiques et drôles. La transparence de la fille anorexique est une des manifestations de ce « sur-réalisme ». Pendant un quart du spectacle, à l’aide de petites enceintes intégrées dans le décor, elle sera uniquement présente par sa voix, dialoguant avec les membres de sa famille. Le public suivra ses déplacements. Il me semble passionnant de traiter l’intrusion du paranormal avec normalité : cette famille est si peu connectée à son corps, si confuse sur les frontières entre réalité et virtualité, que la transparence d’un de ses membre ne la perturbe pas outre mesure. Dans la même idée d’introduire un « couac » dans la « norme », nous avons choisi, avec la scénographe Sophie Jacob, de perturber cet intérieur moderne et fonctionnel : la chambre du grand-père (le poids du passé) crée un affaissement à cour, faisant subtilement vaciller l’ensemble. Malgré ces discordances, l’ensemble tient bon jusqu’à la révélation d’un mensonge qui brise le tamis voilant la vérité pour transformer l’héritage silencieux en héritage bruyant, évident, cru, étalé là sous la lumière. Les parasites sonores s’effacent, les logorrhées de la mère retrouvent lentement le sens de la syntaxe, elle se met à dormir en plein jour, le silence va à nouveau avoir le droit à la parole et permettre à chacun de respirer. Cet électrochoc va fédérer la famille et rappeler à tous ces membres esseulés qu’ils sont rattachés à un même corps. Les personnages osent enfin se toucher, se rapprocher, les cloisons des pièces deviennent transparentes. La reconstruction semble possible grâce à la parole libérée. Il y a dans ce théâtre un désir vital d’avoir les yeux ouverts, un regard lucide sur le monde. L’originalité et la subversion de l’écriture de Léonore Confino nous tend un miroir qui me semble salutaire. » – Catherine Schaub |
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