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    Borderline – Ramirez/Wang- Théâtre des Abbesses

    30 janvier 2014
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    Borderline - Ramirez/Wang- Théâtre des Abbesses

    Borderline  

    Chorégraphie : Sébastien Ramirez et Honji Wang

    Interprétation : Louis Becker, Johanna Faye, Mustapha Saïd Lehlouh, Sébastien Ramirez et Honji Wang

    Gréeur : Kai Gaedtke
    Coordination gréeurs : Jason Oettlé
    Composition : Jean-Philippe Barrios
    Avec la participation de Christophe Isselee et les voix de Chung-Won Wang & Henri Ramirez
    Lumières : Cyril Mulon
    Collaboration dramaturgie : Catherine Umbdenstock
    Scénographie : Paul Bauer
    Réalisation costumes : Anna Ramirez

    Du jeudi 30 au vendredi 31 janvier 2014 à 20h30
    Le samedi 1 février à 20h30
    Du 3 au 4 février à 20h30

    1ère catégorie : 26€, 2ème catégorie : 22€
    Tarif Jeunes : 16€

    Théâtre des Abbesses
    31, rue des Abbesses
    75018 Paris
    M° Abbesses ou Pigalle

    www.theatredelaville-paris.com/aux-abbesses

    Du 30 janvier au 4 février 2014

    Espagne/France, Corée/Allemagne : Sébastien Ramirez et Honji Wang forment à eux seuls un patchwork des cultures qui nourrit chacune de leurs créations. Dans Borderline, tout est littéralement sur le fil, du début à la fin. Suspense et suspension !

    Une pièce « citoyenne » n’est pas forcément didactique. Borderline est une sorte d’autopsie de la cité au sens grec du terme, une métaphore poétique qui ne se prive pas de mettre sur le tapis des réflexions sur l’état de notre vivre-ensemble. Qu’est-ce qu’une démocratie, dans la pratique ? Rien d’autre qu’une recherche permanente d’équilibre entre forces opposées. Les groupes de pression se neutralisent ou s’appuient l’un sur l’autre. Ca tire vers le haut ou vers le bas. Tout bouge, se décale et se recale, parfois avec violence. Et puis, pourquoi ça déraille? Voilà une belle matière pour la danse, dans une idée de « borderline » qui est le fil rouge de cette création.

    On appelle « borderline » l’état d’une personne aux états émotionnels instables et aux comportements imprévisibles. Mais des sociétés entières peuvent être atteintes du même phénomène. Se produisent alors des violences et des abus de pouvoir qui suscitent l’indignation. Mais Sébastien Ramirez clame un « indignez-vous », loin des clichées d’une danse urbaine déchaînée. Avec sa partenaire, Honji Wang, il trouve des métaphores de grande finesse pour parler de la recherche de stabilité et d’équilibre. La complexité des biographies de Wang (Coréenne ayant grandi à Berlin) et Ramirez (de parents espagnols) veut qu’ils sont bien placés pour nous parler du dialogue, si nécessaire, et si souvent absent dans ce que nous appelons « démocratie ».

    Sur le fil, mais pas funambules. Au contraire, la belle idée est celle d’une machine à voler avec ses cordes élastiques et ses danseurs suspendus qui permet aux danseurs de voler, et qui en même temps les tient prisonniers. Se construit un équilibre subtil entre deux hommes qui dansent une lutte comme en apesanteur, tels des circassiens épris de capoeira ou encore dans une image de grande poésie, entre Ramirez au sol et Wang qui s’élève dans les airs. Le gréeur, celui qui tient la corde, investit tout le poids de son corps et toute sa force musculaire pour retenir, stabiliser ou propulser les protagonistes. Il est autant un complice qu’un maître-chien qui tient une laisse tendue à l’extrême. D’habitude on le cache pour préserver le mystère et l’effet « deus ex machina ». Ici, il est mis en scène, parce que, justement, la pièce s’articule autour de ce rapport de forces, si fondamental dans notre monde où la frontière entre paix sociale et égoïsmes ravageurs est si ténue.

    Borderline - Ramirez Wang - Theatre des AbbessesLa tension de la corde emplit de suspense la soirée entière, et les six interprètes sont de véritables funambules, sur le fil du rasoir entre révolte et rêve. Aussi, la transposition d‘un questionnement citoyen en images dansées est ici d’une insoutenable légèreté. Injustices sociales, irruption violente de CRS dans une salle de classe de BTS, témoignages et autres récits tissent discrètement une toile de fond, vaguement audible et à relire après le spectacle. Ce qui est « borderline », c’est aussi le contraste entre des robes blanches et des talons aiguilles, entre complicité et concurrence entre femmes, entre l’énergie d’une révolte et ce qu’on peut en faire, entre horizontalité et verticalité, entre liberté et captivité. Ou, comment transformer nos paradoxes en beauté…

    Thomas Hahn

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=8DM-pBWVx9A[/embedyt]

    [Crédits photographiques : Dani Pujalte]

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