Les Garçons et Guillaume, à table ! – comédie de Guillaume Gallienne
Obsédé par la figure maternelle, il imite sa voix et se travestit régulièrement en femme. Même le père ne parvient pas à faire la différence entre sa femme et son fils. Comme tout enfant, il est à la recherche d’un modèle et jette son dévolu sur les femmes et en particulier sa mère. Cette dernière est extrêmement idéalisée par son fils. Il dit tout: tout sur sa mère… De ses souvenirs d’enfance à sa quête de sexualité, Guillaume se crée une impénétrable bulle théâtrale, comme le démontre son rituel nocturne: lorsqu’il se déguise en Sissi impératrice à l’aide d’une couette enroulée autour de sa taille et d’un pull en guise de turban.
Le film est atypique de par l’évocation des liens entre une mère et son fils, bien trop rares au cinéma. Petit bémol, il est affaibli par le procédé répétitif et parfois maladroit consistant à passer de la scène à l’illustration cinématographique. Cet outil de mise en scène hache davantage les saynètes comiques et donne un résultat un peu brouillon. Qui plus est, certains gags trop prévisibles comme celui de la boîte de nuit alourdissent le propos. Guillaume Gallienne filme une déclaration d’amour aux femmes dédiée à sa mère, évoquant les héroïnes almodovariennes (Vous les Femmes de Julio Iglesias en musique de fond illustre son admiration pour la gent féminine). Le mot « Maman » ouvre d’ailleurs le film et annonce la constante obsession pour ce modèle féminin. Le réalisateur joue avec la frontière parfois ténue entre le masculin/féminin en incarnant sa propre mère et son propre rôle, qui se révèle étrangement moins bien interprété.
Gallienne expose la vérité toute crue sur sa quête d’identité voire sexuelle. Son entourage lui colle d’office l’étiquette d’homosexuel en raison de sa féminité et de son goût du spectacle. Les seconds rôles auraient mérité d’être mieux développés car Guillaume paraît seul en scène comme s’il jouait à nouveau son propre one-man-show, annihilant ainsi l’existence des autres membres de la famille et de ce fait des acteurs.
Les Garçons et Guillaume, à table ! a le mérite de célébrer la différence et de vouloir abolir les cases dans lesquelles nous sommes censés rentrer. Ce premier film, sorte de « coming-out hétérosexuelle » aux dires du cinéaste retrace également la naissance d’une folle passion pour le théâtre. Enfin, cette ode à soi-même rappelle que les enfants ont beau tout faire pour se différencier de leurs parents,inévitablement ils leur ressemblent.
Lucile Walther
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Les Lumières du cinéma 2014 (20 janvier)
- 2 prix : Meilleur acteur et Prix Heike Hurst du meilleur premier film
Festival du Film de Sarlat 2013 (du 12 au 16 novembre)
- 2 prix : Prix d’interprétation masculine et Prix des Lycéens – Prix du Conseil Régional d’Aquitaine
Festival du Cinéma Américain de Deauville 2013 (du 30 août au 8 septembre)
- 1 prix : Prix Michel d’Ornano
Quinzaine des Réalisateurs 2013 (du 16 au 26 mai)
- Sélection officielle
- 1 prix : Art Cinema Award (CICAE)
Les Garçons et Guillaume, à table !
De Guillaume Gallienne
Avec Guillaume Gallienne, André Marcon et Françoise Fabian
Durée : 85 min.
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– les films à voir en 2013
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