Dakar à Paris : Germaine Acogny, Robyn Orlin et Olivier Dubois maîtres de cérémonies
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At the same time… De Robyn Orlin Avec Cie Jant-bi Du 25 au 29 mars 2015 Théâtre de la Ville www.theatredelaville-paris.com Les 11 et 12 avril 2015 Le 104 Mon élue noire De Olivier Dubois Avec Germain Acogny Du 7 au 9 avril 2015 Le 104 |
Du 25 mars au 12 avril 2015
Tous les fils passent par l’Ecole des Sables, fief de la danse en Afrique de l’Ouest. C’est là, au sud de Dakar, que Robyn Orlin s’est penchée sur la cérémonie du faux lion, avec les danseurs de la compagnie de Germaine Acogny, qui danse elle-même un solo sur la partition du « Sacre du printemps » de Stravinsky, créé pour elle par Olivier Dubois. On dit de Germaine Acogny qu’elle est la « Pina Bausch de l’Afrique ». Il y a quelque chose de vrai dans cette comparaison, en cela qu’elle pratique un théâtre de danse avec fenêtres ouvertes sur la réalité sociale et humaine dans son pays. Mais ici, c’est l’histoire de sa rencontre avec deux chorégraphes, et pas les moindres. Au Théâtre de la Ville et au 104, on verra deux propositions radicalement différentes. D’abord, le solo crée pour Acogny par Olivier Dubois, désormais directeur du Centre chorégraphique national de Roubaix. Dubois est en train de bâtir une sorte de maison commune entre le nord de la France et le continent africain. L’élue noire, enfin sacrée Acogny est, quant à elle, passée par l’école Mudra de Maurice Béjart qui a signé l’une des plus célèbres versions chorégraphiques du Sacre. Mudra Afrique, première mouture d’une école de danse au Sénégal, a été conçue par Acogny et Béjart. Et le fondateur du Ballet du XXe siècle de promettre à Acogny: « Tu seras mon élue noire! ». [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=5j3tTgIpLDk#t=78[/embedyt] D’où le titre de ce solo: « Mon élue noire ». Un peu tard pour le monde de la danse européenne de tenir cette promesse vis-à-vis d’Acogny, mais loin d’être trop tard. A soixante-dix ans, elle arbore la vitalité et la force physique d’un jeune homme. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller au 104 et de comparer Acogny aux interprètes masculins de sa compagnie, Jant-bi (le soleil, en Wolof). Une croisade pour la déconnade Les hommes manipulent les bassines, les portent sur la tête et caricaturent les femmes, sans rien prendre au sérieux (« Je ne suis pas une femme, moi! »). Ici aussi, on voit sur le plateau ce qui est tabou dans la vie, mais pas dans la cérémonie Simb. Orlin s’est renseignée auprès des danseurs sénégalais : « Cette cérémonie n’est pas religieuse, mais elle inclut deux personnages d’hommes qui jouent des femmes. A ce propos ils m’ont expliqué que cette cérémonie permet à des hommes homosexuels de faire leur coming-out. » Dans ce spectacle drôle, musical et théâtral, la danse surgit comme du temps des royaumes anciens et des cérémonies shamaniques. On porte des masques, on danse, on chante la guerre et la chasse, mais tous les instruments de percussion sont en caoutchouc ou en plastique: rien que des tongs et des sceaux. Thomas Hahn |
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Les huit garçons qui se mettent à chasser les mauvais esprits en faisant claquer leurs paires de tongs au bon milieu des gradins, comme s’ils chassaient des mouches au raz du nez d’une telle ou d’un tel. Car Orlin mène une véritable croisade pour le droit à la déconnade en danse en contemporaine, et sa rencontre avec les danseurs de Jant-bi est l’une des plus belles aventures orliniennes depuis longtemps. L’entente entre les deux univers est parfaite.





