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« Dieu est mort » de Régis Vlachos – un récit original et profond

1 janvier 2017
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Dieu-est-Mort

Dieu est Mort – Et moi non plus j’me sens pas très bien !

De Régis Vlachos 

Avec Régis Vlachos et Charlotte Zotto

SUCCÈS PROLONGATIONS 
Du 27 février au 27 mars 2017

Les lundis et mardis à 21h30, dans la salle cabaret 

Tarif plein : 20 € 
Tarif réduit : 15 € 

Réservation en ligne ou par tél. au 01 42 78 46 42

Théâtre Essaïon 
6, rue Pierre au Lard 
75004 Paris
M° Rambuteau ou Hôtel de ville

www.essaion-theatre.com


Théâtre de la Contrescarpe

Du 2 avril au 25 juin 2017
Le dimanche 19h
5 Rue Blainville
75005 Paris

Du 7 au 30 juillet 2017
Festival OFF AVIGNON 19h
Théâtre des Barriques

Septembre 2017
Le Point Virgule
7 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie
75004 Paris
M° Châtelet

 

dieu et mort frere soeur 3Régis Vlachos est un conteur. Il nous fait part avec beaucoup de poésie de son émancipation qui s’affranchit de la religion, de la croyance en un dieu quel qu’il soit. Il ne va pas chercher midi à quatorze heures et nous fait grâce des explications qu’apportent les progrès de la connaissance scientifique, la philosophie de l’Histoire, les nouvelles compréhensions existentielles de l’individu. La révolte reste la trame de sa prise de conscience d’enfant à l’aune de la sa réalité historique. Charlotte Zotto, rockeuse à son heure dans ce spectacle, met son grain de sel en jouant la fraternelle contradiction. Les deux comédiens de la Compagnie du Grand Soir ne perdent pas le fil d’un récit original et bien amusant.

Dieu clownRégis Vlachos est comédien, dramaturge. Il a été prof de philo et reste dans son répertoire philosophique dans l’expression théâtrale qu’il fait de son ‘Dieu est mort’.

« Dieu est mort » renvoie à la citation de Friedrich Nietzsche qui apparaît dans ‘Le Gai Savoir’ et qui se retrouve dans ‘Ainsi parlait Zarathoustra’. On ne confondra pas avec ‘Dieu est mort (The Fugitive)’ le film (USA-Mexique) réalisé par John Ford, sorti en 1947.

Régis Vlachos affirme avec sa révolte adolescente qu’il ne lui est pas nécessaire de concevoir des vérités éternelles. Il nous fait témoin de son étape vers l’athéisme contemporain qui n’est pas sans rappeler l’itinéraire des écrivains de la crise moderniste tel Jean Barois, le héros central du roman de Roger Martin du Gard (publié en 1913) qui traite de la perte de la foi dans le monde moderne. [Jean Barois a passé son enfance et son adolescence en province et il a été formé dans un collège catholique. Il connaît ses premiers doutes sur la foi à l’âge de 15 ans. ]

A 40 ans, il faut que t’arrêtes tes conneries

En véritable raconteur de ce qui a pu être sa propre histoire, Régis Vlachos nous emporte dans l’univers de l’enfance puis de l’adolescence où se forgent les prises de conscience et les certitudes.

Sa raison lui interdirait de concevoir l’existence d’un dieu quelconque ? C’est bien ce qu’il nous dit avec sa façon à lui de pousser ses coups de gueule agrémentés de propos peu amènes envers les religions révélées Charlotte Zotto apporte un intéressant contrepoint. Elle lui rappelle, en sœurette aimée qui ne perd pas le nord, que tout a été dit bien avant lui, le renvoyant à Spinoza (17°s) qui traitait bien des rapports de la raison et de la foi. Elle joue de cette voix de la réalité en communiquant une belle sympathie aussi vivace que leur mère provençale qu’on ne verra pas mais qui lance à son fils : « A 40 ans, il faut que t’arrêtes tes conneries ! »

Dieu mort marionnettes OKKant (18°s) écrivait que la raison, fondée sur le perceptible, exclut généralement la religion. Kierkegaard ( (19°s) se demandait pourquoi dans la foi comme dans l’amour le doute ne serait-il pas permis ? Le personnage joué par Régis Vlachos ne se pose plus la question. Avec son air d’enfant abandonné, il est tendre et nous touche dans son témoignage des meurtrissures qui sont celles de bien des enfants.

Les néo-athéistes

Régis Vlachos apporte sa pierre à deux pépites éditoriales publiées ces dernières années de la part de deux des écrivains qu’on nomme « les quatre cavaliers du nouvel athéisme. »

Dans « Dieu n’est pas grand**» Christopher Hitchens affirme que la religion organisée est « violente, irrationnelle, intolérante, vecteur de racisme, de comportement tribal, d’ignorance, hostile à la liberté de pensée, méprisante à l’égard des femmes et coercitive vis-à-vis des enfants », et qu’elle favorise les comportements sectaires.
Dans « Pour en finir avec Dieu**», autre gros succès de librairie, Richard Dawkins se bat contre l’idée du créationnisme. Dans son approche scientifique du sujet, ce professeur à l’université d’Oxford, spécialiste mondialement connu de l’évolution, explique en biologiste l’émergence de la vie, de la pensée, des comportements sociaux et des croyances.

Son ouvrage sans concession est un plaidoyer contre l’intégrisme de toutes les religions confondues pour la liberté d’expression et de l’argumentation.

Que Régis Vlachos se rassure. D’abord, il n’est pas seul dans son’anti-prosélytisme’, et, de plus, l’inexistence mathématique de Dieu semble se confirmer grâce aux travaux sur la composition de l’univers. On en parlera certainement plus tard dans nos colonnes.

En attendant, on retiendra que ces deux comédiens courageux utilisent également des effets qui donnent à ce récit particulier et profond les bonnes viennoiseries croustillantes auxquelles on ne s’attendait pas.

Patrick duCome

Biblio :
**Christopher Hitchens,’Dieu n’est pas grand’ – Belfond, coll. « L’esprit d’ouverture ». 2009
** Richard Dawkins ‘Pour en finir avec dieu’ – Éditions Perrin – 2009

[ Crédits photos : ©Pierre François ©Xavier Cantat]

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