En mai c’est Ferrier ah la Gaîté !
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En mai c’est Ferrier ah la Gaîté ! Mise en scène de Julie Ferrier assistée de Muriel Habrard Avec Julie Ferrier, Anne Buffet, Brieuc Carpentier, Katia Charmeaux, Bénédicte Guichardon et Véronic Joly Jusqu’au 1er juin 2014 Tarifs : 40, 30 et 20 € Théâtre de la Gaîté Montparnasse Photo : Bernard Richebé |
![]() Dix ans déjà que Julie Ferrier, très présente au cinéma, n’était pas remontée sur scène. Son retour très attendu va déconcerter, désopiler, déstabiliser mais surtout crisper les zygomatiques. Un ovni inclassable qui pioche dans le cirque, la danse, le théâtre, le mime. Multiple, à l’image du talent de ces artistes complets. Deux heures de bonheur pour encore quelques soirs. Sa belle bouille protéiforme a progressivement conquis les spectateurs des salles de cinéma et la télévision lui a fait quelques yeux doux. En dix ans, Julie Ferrier a tourné près de 30 films (L’Arnaqueur, Paris, Agathe Cléry, La Vie domestique pour ne citer que les principaux), l’éloignant des planches de théâtre. Son retour à la Gaîté Montparnasse est donc un des événements de cette saison. Les promesses sont tenues au-delà de tout. Julie Ferrier ne fait pas du théâtre, elle est le théâtre. Un spectacle à elle toute seule et qui débute d’ailleurs de manière pour le moins inattendue (il est vivement conseillé d’arriver à l’heure voire en avance…). Il n’y a pas un instant, pas une mimique, pas un regard qui ne soit dédié entièrement à son art durant presque deux heures. Dire qu’elle peut tout jouer serait presque réducteur, l’investissement dépassant amplement le simple cadre du jeu. De plus, intelligence et pluralité se rallient à cette frénésie scénique. Exercice de dressage canin (doublement réussi : la prouesse mais aussi le propos), numéro de cirque, d’ombres chinoises, de mime, d’automates, de danse (avec et sans patins à roulettes !), chanson, tout y passe au cours de saynètes assez brèves mais qui remplissent leur office : faire rire avec un poil de férocité parfois mais surtout accéder à un autre monde. Un monde forcément meilleur où les allégories les plus folles côtoient des chorégraphies en forme d’arabesques où le corps paraphe le vide de mouvements « barbaresques », où les pâtisseries se taillent la belle part du gâteau dans un numéro surréaliste (on ne regardera plus jamais un éclair de la même manière après ça…), où les écervelées en prennent pour leur matricule et les comédiennes avec… C’est finalement la transcendance d’un monde bien réel que proposent ces six comédiens, tous excellents, car sous cette bannière du loufoque barré, du décalage permanent, de la déconnade de chaque instant, ils nous invitent à une apologie et un hommage à la vie, à la création, à la liberté. Avec sa troupe, Julie Ferrier fait tomber les barrières, dynamite le convenu et propose autre chose. Un ovni théâtral. Franck Bortelle |
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