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    Eugène Labiche

    26 avril 2013
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    Eugene Labiche

    Eugène Labiche naît en 1815 et grandit dans un milieu bourgeois aisé. Après une échappée en Italie, il entame des études de droit. Sa vocation et son goût pour la littérature le rattrapent, alors qu’il publie des courtes nouvelles ou des critiques théâtrales. Il fonde une association de production théâtrale avec Alphonse Levaux alias Alphonse Jolly, Auguste Lefranc et Marc-Michel. Les jeunes amis adoptent le pseudonyme collectif de Paul Dandré.

    Le succès ne se fait pas attendre. Ses premières comédies sont immédiatement remarquées. La facilité avec laquelle Labiche accède à la célébrité déconcerte. L’artiste avouera lui-même :  « Je suis vraiment honteux de la simplicité de mon début. [….] Je n’ai eu qu’à tirer le cordon pour entrer. » Cette réussite fulgurante est-elle imputable au renom dont a bénéficié Auguste Lefranc, proche parent d’Eugène Scribe, le célèbre vaudevilliste ?

    Aidé par de multiples collaborateurs, Labiche publiera au total plus de cent soixante dix pièces, parmi lesquelles figurent de nombreux chefs-d’œuvre : Un jeune homme pressé (1848), La Fille bien gardée (1850), Embrassons-nous, Folleville (1850), Edgar et sa bonne (1852). Un chapeau de paille d’Italie, connaît en 1851 un accueil triomphal. Cette comédie à couplets en cinq actes marque, aux yeux du critique Sarcey, « une révolution dans le Vaudeville ». Le dramaturge met au point la mécanique du genre, succession de quiproquos et de méprises qui créent un comique de situation de plus en plus loufoque. Satire et fine observation de la bourgeoisie du Second Empire transparaissent en filigrane.  

    Le rythme de la production de l’écrivain varie. Son mariage en 1842 avec Adèle Hubert, riche héritière de 18 ans, amorce une phase de ralentissement de ses activités créatrices. Labiche s’installe, en 1953, dans le château de Launois, sa nouvelle propriété. Son épouse ne tardera pas à lui donner un fils, son unique enfant. L’écrivain s’aventure également en politique. Il est battu en 1848 comme candidat républicain à l’assemblée constituante puis se rallie à Louis-Napoléon Bonaparte. En 1856, il est élu maire de Sauvigny.

    Dans les années 1960, l’auteur connaît son apogée grâce à une série de succès : Le Voyage de M. Perrichon (1860), La Poudre aux yeux (1861), La Station Champbaudet (1862) ou La Cagnotte (1864). Dans les années 1970, le contexte politique et social chaotique de la guerre de 1970 et de la Commune freine à nouveau sa production. Des œuvres majeures voient cependant le jour comme Doit-on le Dire ? (1972) ou Le Prix Martin (1976). En 1877, Eugène Labiche signe sa dernière pièce, La Clé.

    Les dix dernières années de son existence sont ponctuées de reprises de ses pièces et de triomphes. Eugène Labiche est élu à l’Académie française le 28 février 1880, au fauteuil numéro 15. Sa réputation en tant que vaudevilliste n’est plus à faire. Très autocritique, l’écrivain dévalue pourtant, toute sa vie durant, le genre du vaudeville auquel il doit sa notoriété. Il s’essaye d’ailleurs, à ses débuts, au drame ou au roman, puis aux comédies de mœurs en un acte, estimés plus nobles et littéraires. Il tente d’écrire pour la Comédie française ; autant de tentatives vouées à l’échec. Eugène Labiche souffre de problèmes cardiaques et s’éteint en 1888, à Paris, à l’âge de 73 ans.

    Le vaudeville a encore de beaux jours devant lui. Son successeur Georges Feydeau prend la relève et achève de parfaire le genre. Il recevra d’ailleurs les encouragements d’Eugène Labiche, peu avant sa mort en 1887, pour son œuvre Tailleur pour dames. L’œuvre de Labiche et le genre du Vaudeville, longtemps dévalués par la critique, sont redécouverts au vingtième siècle. Le dramaturge fait aujourd’hui partie des vingt auteurs les plus joués de la Comédie Française. Certains critiques vont même jusqu’à le considérer, à l’instar de Feydeau, comme un pionnier du théâtre de l’absurde.

    Jeanne Rolland

    Bibliographie sélective

    Citations 

    • « Un égoïste…Un homme qui ne pense pas à moi. »

    • « Mais si on disait toujours la vérité, dans le monde… on passerait sa vie à se dire des injures… »

    • « Les paroles d’honneur… c’est comme la neige… ça fond devant le soleil !… »

    • « Il y a des circonstances où le mensonge est le plus saint des devoirs. » (Les vivacités du capitaine Tic)

    • « Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout ; les malchanceux, ceux à qui tout arrive. »

     

    [Visuel : Photographie d’Eugène Delacroix par Félix Nadar. This work is in the public domain in the United States, and those countries with a copyright term of life of the author plus 100 years or less.]

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