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    « Everyness » : L’envol de Wang Ramirez

    12 avril 2017
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    Everyness

    De Honji Wang, Sébstien Ramirez

    Avec Salomon Baneck-Asaro, Alexis Fernandez Ferrera alias Maca, Christine Joy Alpuerto Ritter, Sébastien Ramirez ou Thierno Thioune, Honji Wang

    Du 19 au 22 avril 2017

    Tarifs : 10-32 €

    Réservation par tél. au 01.42.74.22.77

    Durée : 1h15

    Grande Halle de La Villette
    Parce de La Villette
    75019 Paris
    M° Porte de la Villette/ Porte de Pantin

    www.theatredelaville-paris.com

    Du 19 au 22 avril 2017

    La nouvelle création de Wang Ramirez débarque à La Villette! Elle se danse autour d’une énorme sphère blanche, suspendue mais mobile. « Everyness »: Sept danseurs aux origines diverses, sept personnalités très affirmées et une danse aux prises avec la gravité. Couple à quatre cultures, Wang Ramirez livrent de nouveau un spectacle percutant. Ayant travaillé avec Madonna et Akram Khan, ils ont subjugué le public de la danse avec « Borderline », spectacle invité par trois fois au Théâtre de la Ville, qui s’associe ici à La Villette pour présenter « Everyness ».

    La Corée, l’Allemagne, la France et l’Espagne se croisent en ce couple phare de la danse qui vit entre Berlin et  la France. Deux vrais citoyens du monde pour lesquels il est normal que les cultures chorégraphiques aussi peuvent se mélanger. Entre hip hop et danse contemporaine, Honji Wang et Sébastien Ramirez refusent de choisir.

    Depuis leur premier duo, « Monchichi », Wang et Ramirez mènent une interrogation fine, profonde et sincère sur la relation amoureuse, en partant de leur propre couple. En danse, ne pas choisir est source de richesse. Mais on sait qu’en amour aussi, il arrive qu’on ne veuille pas choisir entre deux personnes qu’on aime, ou qu’on n’arrive pas à séparer une passion lumineuse d’une passion ténébreuse. Chacun a peut-être déjà vécu une part d’« Everyness ».

    Une sphère blanche…

    IMG 9265Au premier tableau, deux hommes survolent la scène à basse altitude, suspendus aux filins. Et autant aimeraient-ils s’envoler, ou au moins se rejoindre, leurs rênes élastiques arrêtent chaque tentative, et la belle utopie en apesanteur se solde par la violence d’un bond en arrière. 

    Dans « Everyness », relations amicales et  passions du groupe perturbent et enrichissent le tableau, avec humour et virtuosité. Et Honji Wang entre dans la magie d’un dédoublement qui se joue sous une énorme boule blanche, suspendue au milieu du plateau nu. Oscillante ou pivotante, éclairée de l’intérieur sans être transparente, cette sphère solide ou molle, gonflable et transformable, peut s’écraser au sol ou se déstructurer doucement, pour prendre une forme d’iglou, de méduse ou de visage humain géant. Elle est l’œuvre de Constance Guisset, plasticienne, designer et scénographe aux réalisations spectaculaires et fines à la fois, comme dans ses collaborations avec Angelin Preljocaj, pour qui elle a entre autres réalisé les décors de Les Nuits.

    La passion des relations

    IMG 9277 copyAutour de ce geste de plasticien, se croisent et se rassemblent les humains, dans leurs relations de couple ou d’amis, amoureux, furieux ou solidaires. Dans son costume de soirée, Ramirez se déchire entre les deux facettes de sa bien-aimée, l’une en robe rose, l’autre en bleu. Et Wang de porter, telle une croix, la peau de la belle sculpture dégonflée, comme si sa robe de mariée pesait soudainement des tonnes.

    IMG 9245 copyLes perspectives scéniques sont de grande clarté, les géométries du blanc et du noir créant des images qui résonnent dans un dépouillement aux influences asiatiques. La boule blanche, parfois habitée de l’intérieur par l’un des sept danseurs, est une surface de projection de nos rêves intimes, symbole de légèreté et de fertilité en même temps, mais aussi d’un pouvoir supérieur, entre menace et protection, émettant des sons profonds, puissants et inquiétants dès qu’on en touche la surface.

    Les espoirs amoureux et la complexité des relations réelles, parfois violentes, sont mis en scène à travers un langage chorégraphique qui suspend le corps dans une demi-apesanteur. Cet état n’est pas étranger aux B-Boys, mais ils doivent ici basculer en direction de l’horizontale, au sol autant qu’en l’air. « Everyness » s’achève sur des envols stupéfiants autour et au-dessus de la sphère blanche, qui a retrouvé sa pleine forme.


    Thomas Hahn

    [Crédits Photo : © Ghostographic ]

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