George Sand, ma vie, son œuvre au Théâtre du Gymnase
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George Sand, ma vie, son œuvre Texte écrit avec la collaboration de Tom Dingler et Alex Lutz D’Alex Lutz et avec Caroline Loeb, Gérald Elliott (accordéon,voix) et Patrick Laviosa (piano) Costumes de Jean-Paul Gaultier Chansons écrites avec et par Thierry Illouz, Fred Parker, Gérald Elliott, Vladimir Anselme, Michèle Bernard et Pascal Mary A partir du 15 avril 2014 Durée : 1h15 Théâtre du Gymnase
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Un spectacle multiple qui marie les affres de la création sur fond de double portrait, celui de la « bonne dame de Nohant » et celle qui sur scène nous la fait revivre, la pétulante Caroline Loeb que l’on retrouve sur les planches après son truculent « Mistinguett, Madonna et moi ». Un texte d’une redoutable intelligence ponctué de superbes chansons originales et que rehausse une mise en scène très énergique d’Alex Lutz. Un vrai coup de cœur.
Balzac l’appelait « mon cher George ». Baudelaire ne voyait en elle qu’une « latrine ». Nietzsche la détestait. Elle eut un mari, deux enfants, des amants, des maîtresses. Elle fut romancière, essayiste, nouvelliste, épistolière, couturière, cuisinière… Elle portait le pantalon, affichait ses différences, faisant fi du très phallocrate code Napoléon qui assujettissait la femme à un meuble et encore. En 72 ans d’existence (1804-1876), George Sand a tout fait, traversant ce XIXe siècle de toutes les révolutions, y croisant Delacroix, Flaubert, Mérimée et tout ce que la France comptait d’esprits et qui accouraient à sa table, voire dans son lit. Figure emblématique de la libération de la femme avant l’heure, George Sand est aujourd’hui quasiment tombée en désuétude. Tout au moins n’a-t-elle pas la place qu’elle mérite dans la galerie de ses contemporains, les Hugo, Zola et autre Maupassant. Bourreau de travail, elle a noirci des milliers de pages à la lueur d’une bougie, créant surtout durant ses insomnies. De nombreuses biographies lui ont toutefois rendu un peu de sa superbe. Caroline Loeb, empruntant d’autres chemins, va nous faire découvrir quelqu’un d’éminemment moderne, de résolument rock’n’roll… Caroline s’est isolée du monde dans une thébaïde de province, la maison de sa mère partie en voyage, avec pour mission d’y écrire son nouveau spectacle. Une avance généreuse de son producteur lui permet d’être tout à son travail même si ce donateur intéressé ne manque pas de suivre l’avancée des travaux. Un capharnaüm indescriptible règne dans le bureau. Des livres surtout. Surtout des livres sur George Sand, le sujet du spectacle. Au fil des jours, elle s’enrichit de ses lectures mais n’avance pas d’un poil dans l’écriture… Un savant cocktail de drôlerie et d’émotions La grande et lumineuse idée de ce spectacle consiste bien sûr à l’avoir conçu sur sa non existence, créant ainsi une mise en abyme du monde du théâtre par ce principe du work in progress ou, pour les puristes, du travail en état d’élaboration. Dans ce cadre bien structuré de la totale déstructuration et qui reflète l’état du personnage principal vont s’agréger moult thématiques avec pour axe central la romancière. Bien sûr, l’hommage à Sand occupe une grande partie de ce spectacle. Ce qui n’empêche pas la comédienne de vociférer à son endroit. Difficile de se mesurer à une telle stakhanoviste lorsque l’inspiration peine à venir. Et de pester aussi contre son temps, contre les outrages faits aux femmes. Pour soutenir ses propos qui naviguent entre une irrésistible drôlerie et une franche émotion, des femmes sont invitées, le temps d’une citation ou d’un fait marquant. Marguerite Duras, Annie Ernaux, Camille Claudel se mêlent à ce tourbillon pour célébrer celle qui soutenait les paysans comme son contemporain Tolstoï en Russie et disait « le désir est beaucoup, la possession peu de choses ». Ce désir de Sand, Caroline Loeb nous le fait sentir, vibrer en tentant de la posséder. C’est cette lutte entre elle et son modèle et qui en appelle d’autres, celles des femmes pour leurs droits, qui se joue sous nos yeux, en musique avec des chansons originales aux textes magnifiques. Avec la mise en scène aussi précise qu’énergique d’Alex Lutz, c’est une ode de haut vol que la comédienne chanteuse envoie à la « bonne Dame de Nohant ». Franck Bortelle [Photo : ©Pauline Belmonte]
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