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    Qu’est-ce qu’on attend ? – Ciné 13 Théâtre

    22 janvier 2010
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    Comme à la maison


    Musique enlevée, décor délabré et éclairage nuancé. C’est confortablement nichés au creux des larges fauteuils de l’ancien Théâtre du Tertre que les spectateurs de Qu’est-ce qu’on attend ? peuvent doucement s’imprégner de l’ambiance particulière créée par Salomé Lelouch et sa troupe.


    Au programme, rencontre avec trois individus hauts en couleur ! Interprété par Benjamin Bellecour, Laurent est l’aîné de la famille. Un trentenaire déphasé et dépassé par les non-événements de sa vie et qui, afin d’être sûr de ne pas la rater, a préféré ne rien en faire. Ludivine la benjamine, jouée par Rachel Arditi, a quant à elle choisi le risque et l’émancipation, désireuse de « monter » à Paris afin de gravir les degrés de l’échelle sociale et de masquer ses failles personnelles sous ses succès professionnels. Enfin Marie campée par Sarah Biasini, est la sœur cadette, femme au foyer peu sûre d’elle, plus à l’aise dans son costume rétro de mère dévouée que dans sa peau de femme libérée.

    Trois caractères en quête d’eux-mêmes, et qui malgré la disparition de leur mère et les absences mentales de leur père, tentent de recomposer le puzzle de leur histoire, sur fond de comédie cocasse, de petits drames et de rebondissements en tous genres.
    Image_2

     

    « Au fond, qu’est-ce qu’on attend ? »


    Tout en mouvement, les personnages investissent l’espace, se croisent et s’affrontent lors d’intermèdes musicaux symboliques, ou s’isolent lors de prises de conscience fiévreuses. Du babyphone dénonciateur au téléphone déconcertant en passant par le hors-scène signifiant, tout ici est question de communication.

    Aux incontournables monologues permettant à chacun de croquer son autoportrait, viennent s’ajouter de savoureux apartés avec le public, qui suspendent sans prévenir le drame en train de se jouer. Sorte de ronde des corps pour soliloques intérieurs où les amertumes et les espoirs se bousculent, entre semi-inconsciences et débits de paroles incontrôlés.


    Intelligence d’une mise en scène qui, en enchevêtrant dialogue familial et dialogue avec soi-même, rehausse avec élégance l’écart existant entre ce que l’on tait et ce que l’on assume devant ceux qui nous sont le plus proche : cris intérieurs contre sourires de circonstances.


    IMAG_3Nouvelle Génération


    On savait le dynamisme de la fine équipe emmenée par Salomé Lelouch qui, associée depuis six ans à Benjamin Bellecour, s’applique à réinventer le théâtre construit par son père Claude Lelouch, à l’occasion du tournage d’Edith et Marcel, en 1983.


    Pièce familiale dans un lieu convivial, Qu’est-ce qu’on attend ? est remarquablement animée par la nouvelle génération du théâtre français, trois acteurs talentueux dirigés d’une main de maître. Au milieu des entrechats mécaniques de Rachel Arditi surprenante, et des monologues volubiles de Sarah Biasini touchante, viennent se glisser les répliques ciselées et cinglantes de Benjamin Bellecour, hilarant dans son rôle de penseur désabusé : « Quelle est la différence entre un philosophe et un raté ? » « Y’en a un des deux qui déprime ! » / « Un père lâche ? Quel homme ne l’est pas? Tout ceci est d’une banalité vexante ! »


    Un texte énergique qui revisite sans en avoir l’air les codes et clichés de la conversation familiale type. Une écriture dramatique et scénique qui flirte avec le drame et le drôle, les péripéties et le suspense sans cesse reconduits, sans jamais verser dans l’invraisemblable. Le tout sur fond de chansonnette gaie et entêtante : celle de Ray Ventura, fédératrice et essentielle, comme la famille.


    « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? » Question existentielle d’une célèbre rengaine qui nous trottera dans la tête encore longtemps et dont la réponse est esquissée avec goût dans ce petit jeu de massacre réjouissant, par ces jeunes acteurs passionnants. A voir et à revoir sans plus attendre. Forcément.

     

    Laetitia Ratane

     

     

    Mise en scène: Salomé Lelouch, assistée d’Anaïs Souquet

    Avec Rachel Arditi, Benjamin Bellecour et Sarah Biasini

     

     

     

     

     

    Prolongation jusqu’au 14 février 2010

    Du mercredi au samedi à 21h30 et en matinée le samedi le dimanche à 17H30.

    Durée 1h20.

    Réservation : 01 42 54 15 12

    Tarifs :
    Tarif « Carré or » (sur les canapés rouges, en vente uniquement au
    théâtre) : 30 €
    Placement libre Plein : 27 €
    Réduit (chômeurs, seniors) : 18 euros
    – de 26 ans (sauf le week-end) : 12 euros

     

    Ciné 13 Théâtre
    1 Junot 75018 Paris

    Métro Abesses ou Lamarck-Caulaincourt

    www.cine13-theatre.com

     

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