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    La Célestine – La critique

    14 janvier 2009
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    laclestine

     

    Tolède 1490. L’Eglise toute puissante étend sa griffe sur l’Espagne. Dans le jardin de tous les désirs, Calixte et Mélibée vivent une passion interdite et farouche. Dans les bas-fonds de la ville, la Célestine, mère maquerelle avide d’argent, sorcière diabolique, magicienne maléfique, tisse la toile, dans laquelle vont se prendre les héros d’une histoire violente, sensuelle et grandiose.

     

    Avec Biyouna – Luis Rego – Rona Hartner – Myriam Bella – Céline Caussimon – Eloïse Labro – Gaspard Legendre – Didier Lesour – Tristan Lormel

     

    La critique

     

    Sur la scène du Vingtième Théâtre, des comédiens déchaînés mettent toute l’énergie nécessaire à interpréter les protagonistes de cette tragi-comédie vieille de cinq siècles. La Célestine, une œuvre au destin particulier, dont les lettres initiales de chaque strophe du poème prologue une fois réunies formaient le nom de l’auteur. Et c’est bien des années après la première parution de la Célestine, que Fernando de Rojas fut dévoilé, en 1502, comme l’auteur de la pièce. L’ouvrage connut un franc succès dans l’Espagne du 16ème siècle, ce qui força l’Homme de robe à l’assumer.

    L’adaptation et la mise en scène de Frédérique et Henry Lazarini, rendent toute sa vigueur à l’œuvre, teinté de Méditerranée. Calixte et Méribée sont au joug des entrelacs de l’amour et de l’argent. Thématique inépuisable qui n’est rarement autre qu’une tragi-comédie, à la vie comme à la scène, d’hier à aujourd’hui. Mais l’intrigue est rivée sur une femme de caractère, une femme vénale, mi-maquerelle mi-sorcière, la Célestine, qui prête son nom à la pièce. Elle sait régir ses filles, ceux qui en sont épris et sait faire chavirer les cœurs innocents, comme le jeune Calixte et l’angélique Méribée. Plus cupide que Cupidon, l’entremetteuse verra la mission qui lui est confiée tourner en un bain de sang. Une issue tragique et fatale qu’anticipe la légèreté qui règne dans la garçonnière, ces personnages hauts en couleurs, et ces situations burlesques. Le jeu de Rona Hartner en sulfureuse fille de joie, et de sa maîtresse interprétée par Biyouna, y sont pour beaucoup dans la dynamique et la force comique de la pièce. L’une assied son autorité et son envoûtement avec une gouaille arabisante, parsemé de mots algériens dans un naturel qui prend le dessus, et tout cela avec une grâce maléfique. L’autre, une Rona Hartner frivole, libertine, animale, s’empare du regard de tous et porte sur elle toute la magie tzigane et la malice féminine. Par-dessus tout elle est drôle, plus que présente sur scène.

    Amusant, ahuri, mais plus calculateur qu’il n’y paraît, Luis Rego, semble le patriarche doux-amer de cette folle tribu.

    Si l’on lit entre les lignes, on aperçoit dans cette tragi-comédie, un anachronisme en filigrane. L’amour impossible et fiévreux de Calixte et Mélibée, jeunes et ravissants nobles, au destin funeste, les vicissitudes menées par le sexe et l’argent des petits gens, les entraînant vers une mort certaines. Tous ces éléments ont quelque chose d’une tragédie grecque ou shakespearienne, mais elle est espagnole, avec toute la ferveur ibérique. Par ailleurs on rit pour des subtilités plus actuelles, en décalage avec l’action située dans le Tolède de 1490.

    La Célestine est une satire des mœurs écrite sept après l’Inquisition, allègre et ardente, comme si l’on observait une histoire d’antan par la lunette télescopique d’aujourd’hui.

    Hélène Martinez

     

     

     

    A partir du Mercredi 14 Janvier 2009
    Du mercredi au samedi à 19h30 et le dimanche à 15h

     

    Prix des places: 12 euros, 17 euros et 22 euros.

    Réservation obligatoire par téléphone au 01 43 66 01 13

     

    Vingtième Théâtre

    7 rue des Plâtrières

    75020 Paris

    Métro Ménilmontant

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