La Conversation de Bolzano – théâtre de l’Atalante
La Conversation Bolzano retrace un moment de l’évasion de Casanova. C’étant enfui de la prison des Plombs de Venise, Casanova arrive à Bolzano, avec l’intention de franchir clandestinement la frontière autrichienne.
Cette épopée fictive de Casanova écrite par Sandor Marai, est considérée comme l’un des chef-d’œuvres de la littérature hongroise. Il y décrit, dans une prose somptueuse, une histoire d’amour et de complot. Le Comte de Parme, époux de la belle Francesca, frappe à la porte de Casanova pour passer un accord…
La Conversation Bolzano, adapté pour la scène par Jean-Marie Galey et Jean-Louis Thamin reprend avec force l’essentiel du roman, en saisissant l’intrigue et le verbe.
Dans un huit clos nocturne, le Comte de Parme propose à Casanova un terrible accord. Sa liberté contre sa femme. Dans une fuite de l’amour, les conversations secrètes confèrent au lieu un drame de situation.
La pièce pourrait se décrire en deux temps. La conversation entre Casanova et le Comte, puis une seconde conversation entre Casanova et Francesca.
Du texte à la scène
Hervé Van der Meulen nous livre une prestation remarquable du Comte de Parme. Avec une présence scénique et une élocution parfaites, Hervé Van der Meulen fait du Comte un personnage essentiel qui guidera la pièce.
Le rôle de Francesca, interprété par Teresa Ovidio Baptista, explose dans la volupté et la colère. Teresa Ovidio Baptista joue la femme blessée par l’amour, une femme prête à tout pour retrouver l’homme qu’elle aime. Elle qui apprend à écrire pour dire son amour, irait jusqu’à la soumission et la trahison pour être avec Casanova.
Mais il faut admettre que La Conversation Bolzano, repose essentiellement sur les prestations de ces deux comédiens. En effet, le rôle de Casanova tenu par Jean Marie Galey est desservi par un jeu terne, dont la fausse nonchalance laisse le spectateur à distance.
Est-ce une volonté du metteur en scène Jean-Louis Thamin ou une mauvaise interprétation du comédien Jean Marie Galey ? Alors qu’il devrait être le personnage principal de la pièce, ce Casanova est, dans l’esprit du public, un personnage lointain dont le maniérisme sur joué sonne faux.
La pièce propose cependant un texte sublime. Le verbe y est déclamé dans la beauté. La traduction de Natalia Zaremba-Husvai et Charles Zaremba rend hommage aux mots de son auteur Sandor Marai.
La conversation Bolzano est un somptueux moment de littérature scénique. Bien que par instants l’envie de fermer les yeux pour écouter le texte soit présente, La conversation Bolzano est tout de même un beau moment de théâtre à passer. Loin des créations théâtrales contemporains, Jean-Louis Thamin nous propose un drame d’époque qui révèle avec force les passions.
La Conversation de Bolzano
De Sándor Márai
Mise en scène Jean-Louis Thamin
Avec Jean-Marie Galey, Teresa Ovidio Baptista et Hervé Van der Meulen
Du 30 mars au 19 avril 2012
Réservations : 01.46.06.11.90
Théâtre de l’Atalante
10, place Charles Dullin
75018 Paris
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