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    La Mélodie du bonheur au Théâtre du Châtelet

    10 décembre 2009
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    Créé en 1959 à Broadway, avec Mary Martin dans le rôle de Maria, le spectacle connaît un succès immédiat. Il part ensuite en tournée en Europe et en Australie, avant d’être immortalisé sur la pellicule grâce au long-métrage de Robert Wise en 1965. Le film récolte cinq Oscars et devient une référence du genre. Julie Andrews reste la Maria que tout le monde adore, Christopher Plummer campe un capitaine Von Trapp séduisant, tandis que la bande originale du film s’est écoulée depuis à plus de 11 millions d’exemplaires.

    thesoundofmusic15C’est donc une comédie musicale chargée d’un lourd bagage historique et émotionnel qu’a choisi de proposer le Théâtre du Châtelet cette année pour les fêtes de fin d’année. Les plus jeunes seront ravis de le découvrir sous la forme d’un spectacle vivant et dynamique, mais qu’en sera-t-il des plus vieux, de ceux qui ont encore la performance de Julie Andrews à l’esprit, et qui ne manqueront pas de remarquer le moindre petit détail qui diffère du film ? Un vrai défi pour Emilio Sagi, metteur en scène de cette production. Très vite, alors que le rideau se lève sur les collines de Salzbourg, il apparaît évident que deux choix sont assumés par la direction artistique.

     

    De Broadway au Châtelet

    Tout d’abord, cette Mélodie du Bonheur respecte scrupuleusement les codes de la comédie musicale traditionnelle, celle que l’on peut voir sur Broadway ou dans le West End de Londres. Le décor est très figuratif, grandiose : l’évocation des montagnes et des prairies autrichiennes est particulièrement réussie. Les costumes autrichiens des années 1930 sont superbes, et la présence d’officiers nazis dans le public lors de la scène du festival de musique rappelle l’enjeu historique de l’intrigue, qui se déroule au moment de l’Anschluss de l’Autriche par le IIIe Reich. Surtout, les voix des chanteurs, de registre lyrique, installent cette atmosphère typique des grandes comédies musicales de l’après-guerre. Tous ces éléments nous plongent dans l’ambiance surannée d’un musical américain – d’autant plus que le spectacle est en anglais surtitré.

     

    L’autre parti pris assumé de cette production, c’est de rester fidèle à l’esprit de la comédie musicale, telle que l’imaginaire collectif se l’est appropriée. Ainsi, la scène d’ouverture, où Maria chante sur les collines, est presque identique à celle du film de Robert Wise, jusqu’au mouvement de jupe caractéristique de la jeune femme lorsqu’elle tourne sur elle-même à la fin du numéro. L’arrangement musical choisi est aussi le même que celui du film, et les aficionados s’y retrouveront avec bonheur. Cela n’empêche pas le spectacle de puiser également aux sources de l’oeuvre, à sathesoundofmusic03voir la partition écrite pour Broadway : ainsi, des chansons qui n’ont pas été utilisées dans le film sont ici reprises. Et l’on sent le public se détacher légèrement de la scène dans ces moments-là, comme s’il refusait de s’impliquer dans un moment qui ne correspond pas à l’idée qu’il se fait de la Mélodie du Bonheur – structurée par le film de Robert Wise.

     

    Rien de bien surprenant dans cette production de la Mélodie du Bonheur – mais au fond, n’est-ce pas ce que le public attend : redécouvrir ce joyau dans sa plus grande pureté, tel qu’il se le représente depuis toujours ? Le Théâtre du Châtelet nous offre ce retour à l’enfance, cet émerveillement originel devant ce spectacle qui n’a pas pris une ride. Le voir sur scène, c’est un magnifique cadeau de Noël à apprécier en famille.


    Audrey Chaix

     

     

    La Mélodie du Bonheur
    Musique de Richard Rodgers
    Lyrics de Oscar Hammerstein II
    Livret de Howard Lindsay et Russell Crouse
    Inspiré de The Story of the Trapp Family Singers de Maria Augusta Trapp

    Direction musicale : Kevin Farrell
    Mise en scène : Emilio Sagi
    Avec Sylvia Schwartz, Rod Gilfry, Kim Criswell, Christine Arand, Laurent Alvaro, James McOran-Campbell, Carin Gilfry…
    Orchestre Pasdeloup
    Choeur du Châtelet

     

    Jusqu’au 3 janvier 2010
    Durée : 3 heures
    26 représentations
    Tarifs : 10 à 98 euros. Le 31 décembre : 10 à 125 euros.

     

    Théâtre du Châtelet
    1 place du Châtelet
    75001 Paris
    Réservations : 01 40 28 28 40

     

    www.chatelet-theatre.com

     

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