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    Le Cid avec épées et guitare en rouge et blanc au Ranelagh

    23 octobre 2016
    3013 Vues
    4N0A6775

    Le Cid

    De Pierre Corneille

    Mise en scène de Jean-Philippe Daguerre

    Avec Manon Gilbert, Kamel Isker ou Thibault Pinson, Charlotte Matzneff ou Flore Vannier-Moreau, Alexandre Bonstein ou Didier Lafaye, Stéphane Dauch, Édouard Rouland ou Johann Dionnet, Christophe Mie, Sophie Raynaud, Yves Roux, Mona Thanaël ou Maïlis Jeunesse

    Du mercredi au samedi à 20h45, samedi à 15h et dimanche à 17h

    Tarifs : 10 € (moins de 26 ans), 30 et 35 €

    Réservation en ligne
    ou au 01 42 88 64 44

    Durée : 1h40

    Théâtre du Ranelagh
    5 rue des Vignes
    75016 Paris

    M° La Muette (ligne 9)
    ou Passy (ligne 6)

    www.theatre-ranelagh.com

    4N0A6775 copie copie copieJusqu’au 15 janvier 2017

    Après L’Avare, Les Fourberies de Scapin, La Flûte enchantée ou Cyrano de Bergerac, la compagnie du Grenier de Babouchka et son metteur en scène Jean-Philippe Daguerre s’attaquent au plus classique des classiques, la tragi-comédie de Pierre Corneille qui reste encore un pensum pour les jeunes collégiens. Rassurez-vous, on assiste au Théâtre du Ranelagh à une éblouissante adaptation haute en couleur qui conserve l’essentiel de l’intrigue, avec musiciens et duels à l’épée !

    Redonner une vitalité aux classiques

    Le grand talent de Jean-Philippe Daguerre, comédien et musicien de formation, est de redonner de la vie, de la couleur et de l’humour aux classiques ou aux livrets musicaux dont la réputation reste plombée par l’ennui… ou la poussière. Plus facile à dire qu’à faire ! Et pourtant. La musique, la couleur des alexandrins qu’Edmond Rostand offre à Cyrano de Bergerac, la saveur des dialogues du Scapin de Molière valent bien celles, plus formelles, plus paradoxales, de ceux du Cid de Corneille. Cette histoire de famille et de trahison, qui ressemble étrangement au conflit qui sépare Roméo et Juliette à Vérone, se déroule à Séville avec deux amoureux, Rodrigue et Chimène, dont les pères respectifs rivalisent de vanité et de suffisance pour servir le Roi jusqu’à l’affront fatal.

    4N0A6601Une adaptation intelligente et vivante

    Partant d’une adaptation intelligente et efficace, le metteur en scène s’est entouré, comme il le fait habituellement, de jeunes comédiens talentueux, très investis, qui interprètent les alexandrins de Corneille avec une diction parfaite et un pareil sens de l’acrobatie scénique. Surtout, deux musiciens complices, le compositeur et violoniste Petr Ruzicka et l’accordéoniste Antonio Matias, soutiennent avec grâce et en rythme les scènes intimes et les duels à l’épée en donnant une atmosphère éminemment romanesque et héroïque au spectacle. Les comédiens, les musiciens et la virtuosité des combats à fleuret non moucheté (chorégraphie des combats signée Christophe Mie), auxquels s’ajoutent un jeu de lumières à la préciosité baroque et des costumes rouges et blancs de Véronique Houdinière, confèrent à l’ensemble de cette création un cachet, une élégance tout à fait remarquables.

    4N0A6767Un roitelet original

    Même si le terme de “tragi-comédie” est employé pour qualifier cette œuvre, il faut avouer que les alexandrins cornéliens regorgent d’honneur et d’obéissance, attributs de la tragédie et opposés naturellement à l’amour et à la passion. “L’amour est un plaisir, l’honneur est un devoir.” Le code de l’honneur remonte encore au Moyen-Âge, les aînés doivent être respectés par leurs enfants, qui doivent les venger en cas d’affront. La vie est suspendue à cet honneur qui inonde la famille entière, et quand Chimène met en balance la vengeance envers Rodrigue après la mort de son père et sa passion amoureuse restée vivace, le dilemme cornélien fait exploser son ancestrale popularité. “Rodrigue, as-tu du cœur ?”, lui demande son paternel… On peut répondre qu’il en possède même deux, puisque l’un va à son père et l’autre à sa fiancée. Il est à noter que c’est Chimène l’orgueilleuse, la capricieuse qui mène le jeu tout du long en manipulant orgueil, honneur et vie de ses prétendants. Arbitre de ces défis, le Roi prend ici l’allure d’un bouffon, d’un roitelet en culottes courtes qui zozote et drague le public, symbole décadent d’un monarque anecdotique, désintéressé par ces conflits d’honneur et tout juste concerné par l’intérêt de conserver vivants ses meilleurs soldats. Le personnage décalé, clownesque est irrésistiblement drôle et surprenant par son ironie mordante et bon enfant. À conseiller à tous à partir de 10 ans !

    Hélène Kuttner

    [Photos © Jérémy Circus]

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