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    Le Cid version flamenca au Théâtre Comedia

    18 juin 2009
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    Nous avons tous à l’oreille ces vers qui font aujourd’hui partie intégrante de notre culture : la tirade de Don Diegue  « ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie que n’ais-je tant vécu que pour cette infamie », l’aveu de Chimène de son amour pour Rodrigue « va je ne te hais point » et, bien entendu, le récit victorieux de Rodrigue au combat, « nous partîmes cinq cents et par un prompt renfort, nous nous vîmes trois milles en arrivant au port ». Récapitulons  simplement les faits qui déchirent nos protagonistes. Don Diegue, le père de Rodrigue est nommé comme précepteur du Prince. Le comte de Gomas, père de Chimène, jaloux, lui fait l’affront d’un soufflet. Rodrigue est alors confronté au fameux dilemme cornélien puisqu’en acceptant de venger son père, il sauve l’honneur mais risque de perdre l’objet de son amour.

    Thomas Le Douarec a fait le choix d’adapter la version originale du Cid, c’est-à-dire la tragicomédie de 1637 et non l’édition plus tardive de 1682, la tragédie qu’étudie tout collégien. Il a également fait le choix de se centrer sur les thèmes de la passion et de l’honneur en faisant abstraction de certains personnages comme l’Infante de Castille. L’adaptation comprend donc de nombreuses coupes et quelques modifications dans la chronologie des scènes, mais même les plus puristes pardonneront sans aucun doute ces petits ajustements qui ne font que mettre en lumière l’intensité du propos et qui sont en parfaite adéquation avec cette mise en scène musicale !

    Il est un excellent choix que le Flamenco pour retranscrire à la fois le métissage des cultures maures et espagnoles qui teinte le royaume de Castille et mettre en exergue les feux de la passion. Non seulement, la performance des danseurs est éblouissante mais en écho à la musicalité des vers, elle accompagne très intelligemment l’action. De surcroît, le décor aux accents chauds de Claude Pelet relevé des lumières de Gaël Cimma, nous plonge avec ravissement dans le Siècle d’Or espagnol.

    La distribution se révèle à la hauteur de l’enjeu avec notamment Olivier Bénard dans le rôle-titre qui a brillamment appris le maniement de l’épée auprès du maître d’armes Patrice Camboni. La jolie Clio Van de Wale lui donne la réplique dans un mode de jeu plus classique, mais qui correspond parfaitement au personnage. Et enfin, saluons l’excellent Florent Guyot qui nous offre ici un modèle de roi très peu conventionnel, plus proche d’un histrion de bande dessinée que d’un monarque absolu ! Tous concourent à nous donner à voir une très belle alliance de la danse et du jeu où chacun trouve sa place et se répond. En un mot, faisons fi des convenances et louons Le Cid version flamenca en un sincère olé !

    Angélique Lagarde

    Le Cid 

    De Corneille

    Mise en scène de Thomas Le Douarec
    Assistante à la mise en scène : Nassima Benichou

    Avec Olivier Bénard, Clio Van de Wale, Marie Parouty, Jean-Pierre Bernard, Florent Guyot, Gilles Nicoleau, Aliocha Itovich et Jean-Paul Pitolin

    Musique : Luis de la Carrasca // Chanteurs : Luis de la Carrasca et Pablo Gilabert
    Guitare : José Luis Dominguez et Anton Fernandez
    Cajon et percussions : Enrique Santiago, Miguel Sanchez et Edu
    Danseuses : Melinda Sala et Karla Guzman
    Danseurs : Kuky Santiago et Carlos Hernandez
    Costumes : Corinne Page // Décor : Claude Plet // Lumières : Gaël Cimma
    Réglage des combats : Patrice Camboni

    Du 19 mai au 12 juillet 2009
    Du mardi au samedi à 20h45 
    Le dimanche 16h
    Date supplémentaire le mercredi 10 juin à 16h

    Tarifs : de 15 euros à 40 euros (moins de 26 ans : 10 euros)

    Réservations : 01.42.38.22.22

    Théâtre Comedia
    4, boulevard de Strasbourg
    75010 Paris
    M° Strasbourg Saint-Denis

    Retrouvez cet article et une fine sélection de l’actualité culturelle sur www.kourandart.com

    [Visuel : Le Cid version flamenca © Bernard Richebé] 

     

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