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    Le déluge de “Pixel” de Mourad Merzouki

    17 novembre 2014
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    Pixel_10_BDGilles_Aguilar

    Pixel

    De Mourad Merzouki

    Avec Rémi Autechaud dit RMS, Kader Belmoktar, Marc Brillant, Élodie Chan, Aurélien Chareyron, Yvener Guillaume, Amélie Jousseaume, Ludovic Lacroix, Xuan Le, Steven Valade et Médésséganvi Yetongnon dit Swing

    Jusqu’au 22 novembre 2014 à 21h

    Tarif : 20 €

    Réservation en ligne

    Durée :1h10

    MAC Créteil
    Maison des Arts de Créteil
    Place Salvador Allende
    94000 Créteil

    M° Créteil-Préfecture (ligne 8)

    www.maccreteil.com

    Jusqu’au 22 novembre 2014

    Le Moonwalk 2.0, ça existe ! Avec Pixel, le trompe-l’œil chorégraphique prend son envol, grâce à une formidable machine à illusions d’optique. Mourad Merzouki ne s’est pas trompé en s’associant les talents des artistes numériques et chorégraphiques Adrien M / Claire B. Avec eux, la danse se fait peintre et sculpte la matière virtuelle, elle est le vent qui fait tourner les vortex de neige pixélisée.

    Le hip-hop et le cirque comme façon d’interroger homo interneticus ? Oui, et ce d’autant plus que l’univers numérique doit ici dialoguer avec son antithèse. Pixel ouvre sur une ambiance totalement opposée, dans un espace poétique et chaleureux, suggérant une dimension sacrée. Très soudés, les onze danseurs entrent en scène à la lumière de quelques bougies, portés par on ne sait quelle verve spirituelle.

    Bougies réelles, fumée virtuelle. Inépuisables, les pixels montent. Quand un des onze personnages penche le buste ou bouge le bras, les flocons de neige virtuels changent de direction, comme poussés par un anti-aimant. Une forme épouse l’autre, chaque action trouve réponse et l’harmonie dans l’adversité apparente est la même que dans un combat dansé entre capoeiristes.

    Pixel_09_BDGilles_AguilarQuand la neige virtuelle tombe, on ressent comme un froid, alors que les flocons sont carrés et plutôt abstraits. Quand les projections font soudainement basculer l’espace, du vertical à l’horizontal ou de l’endroit à l’envers, le spectateur a l’impression de se renverser ou de tourner avec son siège.

    Quand les danseurs marchent sur un sol instable qui s’ouvre devant eux, ils semblent perdre pied et s’engouffrer dans le vide. Ils marchent sur un filet qui défile sous leurs pieds, leur lançant des défis apparents d’équilibre. On se surprend alors à avoir peur pour eux, tout en sachant très bien qu’on est en train de “tomber” dans leur piège visuel.

    Mais pourquoi ces images virtuelles peuvent-elles générer autant, sinon plus d’empathie que des corps réels ? Est-ce à cause des présences réelles que nous prenons les dessins numériques pour argent comptant ? Le corps qui interagit avec des projections est-il encore tout à fait en corps ? Est-il encore là ou déjà ailleurs ?

    Pixel_08_BDGilles_AguilarCette question est par ailleurs posée dans le hip-hop, quand les danseurs, dans le style du popping par exemple, peuvent créer l’illusion de marcher dans deux directions en même temps. Sans oublier la contorsion ! Cet art ancestral pose tout autant la question de la directionalité du corps.

    Le cirque a sa place dans Pixel, d’autant plus que le jeune Merzouki est passé par une école de cirque et qu’Adrien Mondot est l’inventeur du jonglage numérique, à savoir d’une inspiration circassienne des arts numériques. La contorsionniste Élodie Chan, formée à l’école du Cirque de Pékin éblouit, le capoeiriste et circassien Marc Brillant apporte la poésie du cerceau et Xuan Le les rollers du freestyle slalom.

    Thomas Hahn

    [Photos © Gilles Aguilar]

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