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    “Le Système Ribadier” : un Feydeau explosif

    Hélène Kuttner 7 février 2020
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    © Céline NIESZAWER

    Aux Bouffes Parisiens, Ladislas Chollat s’attaque à Feydeau, à travers une pièce intimiste qui envoie une épouse maladivement jalouse dans les bras de Morphée par la magie de l’hypnose. Pour incarner le trio amoureux, Valérie Karsenti, Patrick Chesnais et Pierre-François Martin-Laval rivalisent de talent et d’énergie pour notre plus grand plaisir.

    Comment endormir les femmes ?

    Monsieur Ribadier a un secret pour se libérer de la terrible jalousie de sa femme : il a trouvé le moyen prodigieux de l’endormir à tout moment pour sortir de la maison conjugale et profiter de sa vie d’homme. L’effet de son secret est sidérant, mais en le confiant à son ami Thommereux qui rentre juste d’un long exil à Batavia, son plan ne réussit qu’à moitié et sa femme se réveille trop tôt ! Quiproquos, tromperies et mensonges sont les ingrédients très réussis de cette pièce en trois actes montée par Ladislas Chollat avec d’excellents comédiens. Valérie Karsenti, élégamment vêtue d’une robe à crinoline noire en dentelle, impose sa présence gracile et son charme mutin au personnage d’Angèle, bien décidée à ne pas souffrir dans son second mariage les trahisons innombrables que lui a fait subir son premier mari qui consignait par le menu tous les stratagèmes de ses frasques coquines.

    Atmosphère surréaliste 

    © Céline NIESZAWER

    La scénographie astucieuse d’Emmanuel Charles dessine une maison en forme de coquille géante, qui déploie ses colonnes et ses fenêtres de guingois, avec des lignes de fuite biscornues dans les teintes de gris et de violet. Le ton est donné, celui d’un univers entre rêve et cauchemar, où les nappes ont la couleur des corbillards et les tables des tombes. Pierre-François Martin-Laval irradie dans le rôle du mari frétillant de désir et de mauvaise foi, qui s’ennuie aux Chemins de Fer et rêve de finir la soirée au cabaret avec une coquine. Quant à Patrick Chesnais, l’amant exilé et dindon de la farce, il excelle dans la fanfaronnade et la tendresse démonstrative, toujours drôle dans ses pantalons d’explorateur des colonies du XIXe siècle, bien qu’il n’ait pas l’âge du rôle. Sa présence sur scène, sa sincérité dramatique et son sens de la répartie sont un régal et on pardonne les quelques longueurs additionnelles dans certaines scènes qui donnent la part belle à la poésie comique. Benoit Tachoires (Savinet), Elsa Rozenknop (Sophie) et Emmanuel Vérité complètent cette efficace distribution. Une réussite.

    Hélène Kuttner

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