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    Les caprices de Marianne – Théâtre Lucernaire

    9 avril 2009
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    L’équilibre est atteint dans cette pièce où le baroque est abordé sans lourdeur, les comédiens oscillant habilement entre tragique et comique. Les costumes d’époque évoquent cette ambiance de carnaval : tons chatoyants des habits, masques évoquant l’artifice en même temps que la confusion des rôles qui caractérise la pièce. Elisa Sergent en Marianne dévoile son jeu au fur et à mesure de l’intrigue,. De froide et hostile, elle adopte l’attitude de la femme amoureuse, en passant par un état de confusion des sentiments, et garde tout au long de la pièce une dignité et une prestance appréciables par le spectateur. Elle s’accorde très bien avec Christophe de Mareuil, en libertin amer en passe de se faire emprisonner par son amour, et Richard Delestre, mari jaloux et aveugle.

    Sébastien Azzopardi s’affirme dans son choix de mise en scène : au lieu d’insérer des sons, il s’en remet aux comédiens, dont les chants inspirés du folklore italien, dès le lever du rideau, séduisent immédiatement le spectateur. Ils suivront l’intrigue jusqu’à son dénouement, faisant apparaître un accordéon, un tambourin et une guitare acoustique. On ne peut que s’incliner devant l’effectivité de ce choix judicieux, et devant la performance des voix des comédiens, notamment Richard Delestre, par ailleurs chanteur lyrique. La tonalité de ces voix et instruments s’accorde parfaitement au décor, dans lequel les lumières jouent habilement avec les toiles tendues en arc de cercle autour de la scène. Les pièces de Musset représentent, de par la diversité des lieux abordés, un véritable défi de mise en scène, et ces toiles permettent de départager l’espace de jeu avec délicatesse, créant un jeu d’ombres habilement mené, qui participe à cette atmosphère de secret, d’intrigues et de trahison qui domine.

    caprices3photolotLe texte de Musset nous est fidèlement reporté, et sa plume fine et acerbe  est toujours délectable pour l’esprit, que ce soit dans les conflits qui opposent Marianne et Octave : « Vous êtes comme les roses du Bengale : sansépine et sans parfum ».Ou ceux, plus indulgents, des deux amis Octave et Claudio : – « Que tu es heureux d’être fou ! » – « Que tu es fou de ne pas être heureux ! ». Sans parler de cette ivresse des métaphores où la femme apparaît personnifiée en une bouteille de vin. Il s’agit d’une bonne occasion de se plonger dans le texte classique de Musset tout en appréciant les touches de modernité et d’originalité qui ponctuent les dialogues.

    Une pièce toute en harmonie, donc, et c’est déjà beaucoup.

    Sophie Thirion

    Les caprices de Marianne

    A partir du 14 Janvier 2009
    Du mrdi au Samedi à 21h30
    Le dimanche à 15h

    Prix des places : de 10 à 30 euros

    Théâtre Lucernaire
    53, rue Notre-Dame-des-Champs
    75006 Paris
    M° Vavin ou Notre-Dame-des-Champs

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