Les Divalala – Chansons d’amour traficotées – Théâtre de l’Essaïon
C’est à un drôle de palmarès de la chanson que nous convient trois jeunes artistes qui ont le chant aux lèvres et le jeu dans le sang. Si le principe n’est pas nouveau, il est déclinable à l’infini. Restent ensuite l’art et la manière de le présenter. Il s’agit de prendre des chansons, les faire siennes afin de mieux en faire resurgir toute la quintessence textuelle, voire ce qu’elles gardaient enfoui dans leur version originale.
Et de les faire cohabiter dans un même espace temps. Pas simple lorsque le delta est aussi large, de la bluette nunuche du « Premier Baiser » de la gentille Emmanuelle très loin de celle au fauteuil en osier, aux incandescents vers de Barbara et Brel, des polissonneries onanistes de Colette Renard à la mélancolie désabusée de Reggiani.
Chacune de ces trois artistes, complètes et complémentaires à force de différences, ne se contente pas simplement de faire siens tous ces standards qui naviguent des années 40 à nos jours. Le noble dessein de ces demoiselles va d’abord consister à nous amuser, en appuyant avec une douce fermeté sur le potentiel parfois inattendu de ces textes. Ensuite d’introduire un fil rouge (ici, l’amour à tous les âges) et quelques éléments de pure mise en scène. Là intervient le savoir faire de Freddy Viau, qui en connaît un rayon dans le registre du rythme et à qui l’on doit notamment « Dard Dard comédie insecticide » spectacle complètement frappadingue il y a quelques années et plus récemment l’adaptation d’un quasi inédit de Labiche (« Les vivacités du Capitaine Tic »). Il a su en effet apporter ce savant dosage de folie évaporée et de précision métronomique qui fait merveille sur scène.
Chantant a capella ou à peine aidées d’un instrument miniature, les trois interprètes réussissent le sans faute. Engoncées dans d’invraisemblables tenues, elles maîtrisent leur art avec cette perfection qui fait oublier l’énorme travail qu’induit un tel résultat. Avec dix trouvailles à la minute, dans l’interprétation pure ou l’utilisation d’accessoires délirants, ce spectacle court mais intense, qui s’offre également un immense moment d’émotion pure (nous n’en dirons pas plus, l’effet de surprise mérite d’être préservé), fait rimer l’amour et l’humour pour le meilleur et pour le rire. A voir et à écouter d’urgence !
Franck Bortelle
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Les Divalalas
Mise en scène de Freddy Viau
Avec Angélique Fridblatt, Gabrielle Laurens, Marion Lépine ou Estelle Micheau.
Du 21 janvier au 14 mai 2013
Les lundis et mardis à 20h
Tarif plein : 20 € // Tarif réduit : 15 €
Réservations en ligne ou par tél. 01.42.78.46.42
Durée : 1h10
Théâtre de l’Essaïon
6, rue Pierre au Lard
75004 Paris
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