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    Moby Dick, le chant du monstre – Vingtième Théâtre

    9 avril 2011
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    Créé à Avignon Off en juillet 2010, Moby Dick, le chant du monstre est le fruit des amours de Jonathan Kerr, Molière Inattendu 2005 pour Camille C. et de Erwan Draouphars, Molière 2007 de la révélation théâtrale pour Imagine-toi. Les fées se sont donc penchées sur ce monstrueux berceau qui craque, geint, chante et gémit.
    Le spectateur est tout d’abord plongé dans une humide obscurité, comme dans les entrailles du monstre. Laurent Malot (Herman Melville et Ismaël le Marin) surgit alors et se souvient : de la folie du périple, de la poursuite de la bête, du capitaine Achab.
    Le Capitaine Achab, le héros et le héraut : pris dans sa cuirasse charnelle, vibrant, vivant, il s’avance froid comme l’homme de fer du Magicien d’Oz et réclame son dû, sa bête, avant de s’engouffrer dans la mort. La Mort, interprétée par Amala Landre sous les traits d’une Andalouse ambivalente. Ambivalence : c’est le maître-mot de cette comédie musicale et horrifique, où le monstre est à la fois la baleine et le capitaine, où la mort revêt les atours d’une femme séduisante, qui est aussi le destin.

    Les points forts de la pièce : la partition musicale puissante et maîtrisée, les protagonistes (Jonathan Kerr et Laurent Malot en tête) au talent musical certain, les marins musiciens qui mêlent la suggestivité aérienne et liquide de la harpe, au son populaire de l’accordéon, et à la profondeur de la contrebasse. Enfin, la force de lyrique d’un texte poétique à couper le souffle. On sent que Jonathan Kerr a patiemment retouché son texte pour en exprimer un lyrisme le plus puissant possible.

    Les points faibles : le décor un peu trop minimaliste pour correspondre à cette la fable épique et au genre de la comédie musicale. Un jeu d’acteur parfois outré ou curieusement décalé, avec des indications de mise sen scène curieusement aléatoires où les comédiens semblent flotter par moment. Ainsi du jeu des miroirs, assez incompréhensible.

    Pour conclure, Moby Dick, le chant du monstre est une belle œuvre musicale, qui gagnerait à plus de rigueur au niveau de la mise en scène. À voir cependant, pour les belles prestations des acteurs et des musiciens.

    Mathilde de Beaune

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    Moby Dick, le chant du monstre

    De Jonathan Kerr
    Mise en scène de Erwan Daouphars
    Avec Jonathan Kerr, Amala Landré, Laurent Malot, Marianne Le Mentec ou Laurence Bancaud, Johanne Mataly, et Crystel Galli.

    Du 9 mars au 24 avril 2011
    Du mercredi au samedi à 19h30 et le dimanche à 15h00
    Réservations au 01 43 66 01 13 ou à la FNAC

    Vingtième Théâtre
    7, rue des Plâtrières – 75020 Paris
    M° Ménilmontant ou Gambetta

    www.vingtiemetheatre.com

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