“Orphelins” : la violence dans le nid
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Orphelins De Dennis Kelly Mise en scène de Chloé Dabert Avec Sébastien Eveno, Julien Honoré, Jusqu’au 4 mai 2016 Tarifs : de 10 à 15 € Réservation en ligne Durée : 1h30 Le Centquatre M° Riquet |
Rampante comme un serpent, une violence insidieuse s’infiltre dans un cocon familial, parasite les corps et les dialogues d’un couple a priori sans histoires, s’immisce dans leur nid douillet afin d’en étouffer l’œuf… Une infrastructure de bois dénuée de murs délimite les trois pièces imaginaires d’un appartement et nous place en tant que spectateurs omniscients, voyeurs, au cœur de l’intimité d’un couple bouleversé par une grave crise familiale. La violence dans le nid Dans cet intérieur lisse et propret, un couple élégant, Helen et Dany, dîne en silence. Le cocon familial est brusquement déchiré par l’irruption du frère d’Helen dont le t-shirt est maculé de sang. Liam est-il victime d’un accident malencontreux ou s’est-il à nouveau sali les mains, lui qui possède un casier judiciaire pour des faits anciens ? L’intrus tergiverse, modifie ses versions et le couple peine à établir la vérité. Helen s’empresse de faire disparaître ce sang. Liam est sa seule famille, frère et sœur sont orphelins depuis l’enfance. Le dilemme n’en est que plus douloureux : faut-il appeler la police ou se rendre complice et tremper dans une sale affaire ? Telle un serpent qui se glisse dans le nid, derrière les embrassades, les accolades, la violence insidieuse rampe, jusqu’à encercler ce couple a priori sans histoire, s’infiltrer dans leur nid afin d’en étouffer l’œuf… car Helen attend un enfant.
Des murs perméables La pièce de Dennis Kelly expose une violence qui menace tous les milieux sociaux. À l’image de cet appartement dénué de murs, nul ne peut se targuer de lui opposer des remparts sûrs et personne n’est vraiment à l’abri. Aussi, les sphères sociales et intimes s’imbriquent et la mise en scène ramène au premier plan les problèmes d’actualité : ghettoïsation, banalisation de la violence et du sexisme, du racisme et du communautarisme. Les comédiens maintiennent de bout en bout une tension brûlante et rendent palpables anxiété et un sentiment de danger latent et imminent à l’instar des pièces de Pinter. Leur jeu manque peut-être de naturel et d’évolution ; mais si le but est de nous concerner et de nous tenir en haleine, le résultat est bien au rendez-vous.
[Visuels : Orphelins, 104 © Bruno Robin] |
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