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Suresnes cités danse : le hip-hop en plein Fluxus

14 janvier 2015
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Fluxus_Game_by_Laurent_Meunier

Suresnes cités danse

Du 16 janvier au 10 février 2015

Théâtre Jean Vilar
16, place Stalingrad
92150 Suresnes

Départ navette 45 mn avant l’heure de la représentation, à l’angle de l’avenue Hoche et de la place Charles de Gaulle-Étoile

www.suresnes-cites-danse.com

Avec 14 pièces et autant de chorégraphes, Suresnes cités danse cerne le hip-hop, de tous les côtés. Cette danse urbaine, elle-même en perpétuel mouvement, commence l’année 2015 au Théâtre Jean Vilar en revisitant l’art Fluxus, le cinéma, Stravinski, les arts numériques, les contes de fées, Nijinski, les claquettes, le jazz et une usine Peugeot-Citroën. Autrement dit, si le hip-hop n’est pas insaisissable, il se veut pour le moins imprévisible !

Suresnes cités danse est tout sauf un lieu de passage. Ce festival incarne l’évolution de la danse hip-hop en France. Mieux, il en écrit l’histoire. Longtemps son directeur Olivier Meyer a impulsé la rencontre entre le hip-hop et de la danse contemporaine, voire classique.

Aujourd’hui, les chorégraphes issus de “la rue” comptent parmi les plus curieux et donc les plus inventifs. Ils ont acquis une culture générale qui n’a rien à envier à celle des représentants d’autres écoles et créent avec l’énergie de ceux qui ont encore de nouveaux territoires à explorer, et cela se sent. Leur fraîcheur n’a rien perdu de son éclat, qu’il s’agisse de Mourad Merzouki, de Farid Berki ou de Sébastien Lefrançois, tous les trois fondateurs de compagnies de référence, respectivement Käfig, Melting Spot et Trafic de Styles.

Lefrançois, fils d’un couple d’ouvriers, s’est rendu avec ses danseurs dans plusieurs usines, dont celle de PSA, lieu d’une lutte sociale, et se dit “touché par leur combat et leur dignité, malgré une cause perdue”. Sa création Petits morceaux du réel s’intéresse cependant plus aux rapports humains et hiérarchiques au travail, ainsi qu’à la gestuelle et aux états de corps. Le résultat est une pièce de danse plutôt comique, parfois burlesque, qui met l’humain au centre.

Rendre hommage au cinéma et aux artistes du mouvement Fluxus, voilà le projet de Farid Berki qui crée Fluxus game, une pièce pour sept danseurs et un jongleur, sur des airs de Stravinski et de Lalo Schifrin, compositeur de grandes mélodies populaires pour le cinéma et la télévision.

Signe des temps, la scénographie sera faite de projections en 3D, chez Berki autant que dans Pixel de Mourad Merzouki et (H)ubris, création pour cinq danseurs hip-hop du chorégraphe contemporain David Drouard qui s’inspire de L’Après-midi d’un faune de Nijinski. Bienvenue chez les nymphes !

(H)ubris s’appuie sur un dispositif interactif, complété par des animations utilisant les techniques du mapping et du morphing, ce qui ouvre toutes les portes vers une hubris véritablement exubérante, le terme latin renvoyant à une conduite humaine susceptible de provoquer la colère des dieux.

Suresnes cités danse est par ailleurs un festival en pleine évolution, qui revient aujourd’hui à son point de départ. La création de Drouard s’inscrit dans la ligne éditoriale “inventée” par Olivier Meyer, où un chorégraphe choisit des danseurs hip-hop pour créer la rencontre de différents univers chorégraphiques, esthétiques et musicaux. Mais le cœur artistique du festival se déplace.

Suresnes cités danse redevient un miroir de la création au sein des compagnies établies dans l’hémisphère des danses urbaines. Il y a moins de castings en amont du festival et plus de moyens pour les ensembles fixes. Ce qui n’empêche pas que certains spectacles issus de la rencontre avec des chorégraphes contemporains rencontrent un succès durable, comme le Barbe-Neige et les sept petits cochons au bois dormant de Laura Scozzi qui voit déjà sa deuxième reprise.

Fort de tous ces succès, le festival a vu ses moyens augmenter en 2015, certes légèrement mais, en ces temps de restrictions budgétaires, c’est un symbole et un message d’ouverture pour le vivre-ensemble. Son directeur vient d’être reconduit pour six ans, preuve de confiance amplement méritée !

On peut encore ajouter, en ces jours tragiques, que la danse hip-hop et ce festival en particulier font la part belle au désir de vivre ensemble, entre citoyens d’origines et d’intérêts divers et variés, ainsi qu’entre les générations, dans un esprit ludique et éclairé, et très “Charlie”.

Pour se rendre au Théâtre Jean Vilar, une navette gratuite part, tous les soirs de spectacles, place de l’Étoile (angle avenue Hoche) 45 minutes avant le début des représentations.

 
Thomas Hahn

 

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