Trois hommes pour un “Clockwork” de cirque
|
Clockwork De Sisters Avec Mikkel Hobitz Filtenborg, Pablo Rada Moniz et Valia Beauvieux Du 5 au 25 janvier 2015 Réservations : Durée : 1h Théâtre de la Cité internationale Face au Parc Montsouris RER B Cité Universitaire |
Du 5 au 25 janvier 2015
Tout spectacle de cirque contemporain (ou presque) possède désormais une dimension chorégraphique. Le titre de Clockwork semble s’y référer de façon explicite. Mais les trois interprètes et leurs agrès n’ont rien d’une machinerie. Au contraire, ils abordent les agrès dans une formidable liberté d’invention et un esprit fusionnel qui met l’humain au centre. Derrière cette contradiction apparente se cache le même plaisir du décalage que dans le nom de la compagnie. Leur compagnie s’appelle Sisters. Mais Mikkel Hobitz Filtenborg, Pablo Rada Moniz et Valia Beauvieux ne vont pas sur scène pour un cabaret de travestissement. Le Danois, l’Espagnol et le Français sont trois sieurs du cirque contemporain, plutôt que trois sœurs. La distanciation performative ne les empêche pas de faire surgir des univers fabuleux, de la profondeur nocturne d’une forêt à la haute mer. Le mât chinois aussi devient un élément narratif, dans un univers où l’on peut découvrir quelques trolls, tels qu’ils peuplent les légendes des pays nordiques. Mikkel, Pablo et Valia ont créé la compagnie Sisters à Stockholm, où ils se sont rencontrés en formation à la DOCH, (Dans och Cirkushögskolan), la très réputée académie de danse et de cirque. Par rapport à leurs nationalités et cultures diverses et différentes, la Suède est un terrain neutre fertile et bien en place pour dépasser les identités. Dans la foulée, Mikkel, Pablo et Valia peuvent donc explorer ensemble leur part féminine sans tomber dans le moindre stéréotype de travestissement. Ludique et plein de finesse, Clockwork joue subtilement avec les univers narratifs, la nudité (le blond Mikkel étant suspendu par ses cheveux), la complicité, le risque circassien, les accents burlesques et la situation spectaculaire, non sans évoquer quelques moments macabres, de fait les plus drôles de Clockwork. Le cirque est toujours une histoire de fantasmes et de désirs de dépassement, et ils ne sont pas avares en illusions d’optique, décomposant leurs corps comme dans un cabinet de curiosités. Avec cette première création, le trio confirme que la Suède est une vraie pépinière du cirque actuel. [Photos : Petter Hellmann/Einar Kling-Odencrants]
|
Articles liés

Hellfest 2026 : dimanche 21 juin (partie IV)
Nous voici donc arrivés à la quatrième et dernière journée du Hellfest sous une chaleur étouffante, en continuant notre pèlerinage devant nos scène préférées avec quelques excursions sous un soleil de plomb… Thy Lyght Mais l’aurore était ici délicate...

À Avignon, « Mon frère » : un acte d’amour et de résistance
Dans un duo inédit, François Gremaud, auteur, metteur en scène et comédien, et Christian Gremaud, son frère, Sourd de naissance, racontent leur complicité à travers leurs différences ainsi que le long combat des personnes malentendantes, leur difficulté à être...

Hellfest 2026 : samedi 20 juin (partie III)
Et c’est parti pour la troisième et avant-dernière journée de cette 19ème édition du Hellfest 2026 avec une présence encore plus accrue des tentes obscures ! Non Est Deus Débutons ce samedi avec une « messe »… particulière !...

Ensemble, ils proposent un cirque performatif, sobre, déjouant les stéréotypes spectaculaires des arts de la piste pour mieux les réinventer. Jouer de la guitare à six mains, monter à trois dans une roue Cyr, faire corps avec l’autre. Une main, une jambe n’appartient pas forcément à celui qu’on croyait !
La Suède étant le pays où, attitude politiquement correcte oblige, universitaires et créateurs s’interrogent beaucoup sur la place de la femme dans le cirque contemporain, le trio Sisters s’intègre parfaitement dans le paysage local.





