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    Théâtre de la Tempête : Irène Tassembédo et la révolte de l’Afrique

    28 octobre 2014
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    Le manteau - Theatre_de_la_Tempete_Irene_Tassembedo_et_la_revolte_de_lAfrique::


    Le Manteau

    Chorégraphie : Irène Tassembédo

    Danseurs : Souleymane Démé (Burkina Faso), Ida Faho (Burkina Faso), Aly Karembé (Mali), Wanjiru Kamuyu (États-Unis, Kenya, France), Serges Somé (Burkina Faso), Florent Nikiema (Burkina Faso)

    Musiciens : Boubacar Djiga (Burkina Faso), Dramane Dembelé (Burkina Faso, France), Roland Ouedraogo (Burkina Faso)

    Soirée unique le mardi 4 novembre 2014 à 20h

    Tarif : 20 €

    Durée : 1h

    Théâtre de la Tempête
    Cartoucherie

    Route du Champ de Manœuvre
    75012 Paris

    M° Château de Vincennes 

    Sortir en tête de ligne puis prendre la navette Cartoucherie garée près de la station de taxis (départ toutes les 15 minutes environ, premier voyage 1h avant le début du spectacle)

    www.la-tempete.fr

    Et aussi :

    Le 30 octobre à Toulouse, auditorium Saint-Pierre des Cuisines

    Festival Danses et continents noirs

    www.danses-et-continents-noirs.com

    Le mardi 4 novembre 2014

    Une pièce de danse comme un manifeste, un concert chorégraphique dédié à l’Afrique, ses habitants, sa volonté de survie. Le Manteau est une œuvre où les corps sont aussi engagés que la pensée. Accompagnés de trois musiciens, les six danseurs, dont une vedette de cinéma, rendent hommage à une “Mama Africa, rouge de rage et de colère…”

    Chez Irène Tassembédo, la danse incarne, mieux que tout autre forme d’expression, l’énergie et l’humanité d’un continent qui ne se laisse pas décourager. Comme bouquet final, elle réserve tout de même à l’un de ses danseurs une véritable explosion de colère qui défie le public.

    Le_manteau-Theatre_de_la_Tempete_Irene_Tassembedo_et_la_revolte_de_lAfrique4Tassembédo travaille sur la danse africaine comme Mats Ek revisite le ballet, et certains tableaux ne sont pas sans rappeler la puissance dramatique de Pina Bausch. Chaque geste est l’expression directe d’une pensée émotionnelle, immédiatement intelligible, concrète et poétique à la fois, sobre, authentique, dramatique et envolée, comme portée par l’harmattan.

    Rarement les aspects politiques et artistiques ont scellé une alliance aussi organique. Rappelons au passage que dans Le Manteau de Gogol, nouvelle publiée en 1843, le héros meurt de froid parce qu’on lui dérobe son pardessus pour lequel il s’était ruiné. Mais son trépas est aussi dû aux rapports de pouvoir qui, sous les cieux africains, ne sont pas moins meurtriers.

    Theatre_de_la_Tempete_Irene_Tassembedo_et_la_revolte_de_lAfrique2Au passage, une voix off rappelle la migration, la violence ou les épreuves à traverser par les femmes, avec son rappel de faits statistiques concernant les faibles dépenses pour la santé, l’exode des médecins vers les pays riches, le sida, la guerre, etc., en épinglant les attitudes occidentales vis-à-vis du continent. Le Manteau est un manifeste dansé, un pur gage de volonté de survie.

    Irène Tassembédo montre ce qu’est une danse africaine actuelle qui intègre la pensée dramaturgique occidentale. Le Manteau s’appuie sur le vocabulaire traditionnel pour l’amener vers un théâtre de danse, à travers moult distorsions rythmiques et spatiales. Et puisque la musique prend les mêmes libertés, les danseurs deviennent les interprètes à part entière d’une partition qui regorge de surprises.

    Theatre_de_la_Tempete_Irene_Tassembedo_et_la_revolte_de_lAfriqueCes danseurs hors pair et hors norme, issus de l’École de Danse Irène Tassembédo (EDIT) à Ouagadougou, agissent dans une complicité profonde avec la recherche de Tassembédo sur le corps, le geste et les rythmes pour créer une pièce d’une vitalité savamment orchestrée.

    Chacun(e) est ici une personnalité à part, d’autant plus que la puissance physique de certains est reprise, en creux, par les croisements de jambes très circassiens et carrément hallucinants de Souleymane Démé qui n’est autre que le héros du film Grigri de Mahamat Saleh Haroun, nominé à Cannes en 2014 !

    Ce même acteur qui a dansé, à sa façon très spéciale, sur le tapis rouge devant le Palais des Festivals, après avoir été retenu à l’aéroport de Bruxelles par des policiers drôlement zélés, alors que tous ses papiers étaient évidemment en règle. Raison de plus d’aller voir ce danseur qui ne ressemble à aucun autre !

    Thomas Hahn

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=MQcpFH9tbv0[/embedyt]

     
    [Photos : Francis Gache]

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