Le Misanthrope au Théâtre de l’Œuvre
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Le Misanthrope De Molière Mise en scène de Michel Fau Avec Michel Fau, Julie Depardieu, Edith Scob, Jean-Pierre Lorit, Jean-Paul Muel, Maure-Lucile Simon, Roland Menou, Frédéric le Sacripan et Fabrice Cals A partir du 30 janvier 2014 Théâtre de l’Œuvre |
Des hommes et des femmes à aimer
Dans une flamboyante restitution des fougueux alexandrins de Molière, Michel Fau et ses partenaires livrent un spectacle de très haute facture qui redonne au beau siècle tout son panache. Le modernisme du sujet n’en est que plus éclatant. Un travail d’orfèvre. Enchanteur. Il ne se passe guère plus d’un an sans que soit monté un « Misanthrope » sur Paris. La pièce a de quoi fasciner, c’est incontestablement une des plus brillantes de Molière. Les alexandrins rythment ce chassé-croisé entre amour et haine que fait souffler Alceste, aussi épris de Célimène que fâché avec le reste de l’humanité. A l’origine écrite et jouée par Molière lui-même, il s’agissait d’une comédie avec toute l’extravagance, toute l’outrance inhérentes au genre autant qu’à ce siècle, baroque s’il en est. Michel Fau a relevé le défi de lui redonner ses colorations originelles, en gommant ce sérieux dont ses prédécesseurs avaient patiné le propos. Davantage dans l’esprit de l’époque, il livre pourtant un spectacle d’une folle modernité. Une prodigieuse brochette de comédiens Si l’on excepte un décor assez peu reluisant et dont le spectacle aurait pu se passer, même s’il métaphorise plutôt bien (deux immenses éléments suggérant un intérieur d’appartement et penchés formant entonnoir) l’enfermement des personnages, acteurs pitoyables de leur propres mascarades, l’ensemble affiche une très belle homogénéité, incontestable fruit d’une direction artistique au cordeau. Dans de fort beaux costumes également très XVIIe, les comédiens livrent tous une prestation de haut vol. Leur phrasé parvient à réaliser l’irréalisable : rendre accessible à tous ces vers d’un autre temps, cette scansion qui aujourd’hui n’a plus cours. Cette intelligence du jeu atteint des sommets qu’il s’agisse de Julie Depardieu, délicieusement canaille en Célimène, Edith Scob qui envouterait un lampadaire de cette voix reconnaissable entre mille, Jean-Paul Muel qui campe un truculent Eliante ou bien sûr Michel Fau, prodigieux Alceste. Deux heures d’enchantement qui nous promènent dans ce beau siècle tout en nous tendant un miroir de notre société d’aujourd’hui et qui font aimer ces hommes et ces femmes pour les si belles lettres de noblesse qu’ils offrent au théâtre … Franck Bortelle [Visuel : Marcel Hartmann] |
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