Ménélas rebétiko rapsodie – Théâtre du Grand Parquet
Le grand public le connaît essentiellement pour ses rôles au cinéma. De ses premiers pas aux côtés d’un débutant nommé Cédric Klapisch (Riens du tout) à un épisode des James Bond (Casino Royale) en passant par son compatriote Robert Guédiguian (L’Armée du crime et Voyage en Arménie), Simon Abkarian n’a pas manqué non plus de séduire les cinéphiles plus avertis grâce à des films d’auteur comme Prendre femme où il parvient à magnifiquement exister malgré la performance « magnanienne » de Ronit Elkabetz, également auteur du film.
Au théâtre, son parcours se promène de Shakespeare à Molière, de Goldoni à Ariane Mnouchkine. L’auteur Simon Abkarian est en train de prendre son envol avec ce deuxième texte monté sur scène.
L’écriture navigue entre la force émotionnelle et le rire salvateur, serpente dans les méandres de la mythologie grecque, se pare ça et là de quelques tournures résolument modernes, ancrant cette histoire dans un présent intemporel et un universalisme total. Admirable poème en prose, Ménélas rapsodie (tel est le titre du texte publié chez Actes Sud) plonge dans les abymes de l’amour fou, de l’amour passion du personnage titre et roi de Sparte pour celle qui l’a quitté, la belle Hélène, partie rejoindre son prince troyen Pâris, ce qui déclenchera la Guerre de Troie. Avec un lyrisme ravageur, Abkarian triture les affres de la douleur amoureuse à grands renforts de figures de style venant se lover dans des phrases qui prennent leur temps pour dire les choses. Le contexte historique s’immisce ce qu’il faut pour ne pas tendre vers le didactisme du cours magistral. Le comédien va transcender le texte de l’auteur…
Il y a une générosité qui émane de Simon Abkarian dès son apparition sur la scène qui sera précédée de ce qu’il ne convient pas vraiment d’appeler un prologue, mais plutôt une fort belle entrée en matière, musicale de surcroit. Deux musiciens, Grigoris Vasilas et Kostas Tsekouras, se voient en effet accorder la part belle par l’auteur-comédien-metteur en scène, conférant à l’ensemble de ce splendide spectacle un équilibre parfait. Il s’agit bien d’un trio d’hommes qui ne parleront que de femmes, chacun à sa manière, qui en chanson, qui en jouant -divinement- du bouzouki, qui encore en jouant ses propres mots.
La performance d’Abkarian est bouleversante, lumineuse, incandescente. Alliée à celle du poète, elle échafaude un spectacle d’une rare beauté, empreint d’une vérité magnifique. Un spectacle qui bat comme un cœur amoureux.
Franck Bortelle
Ménélas rebétiko rapsodie
De et avec Simon Abkarian
Avec aussi Grigoris Vasilas (chant et bouzouki) et Kostas Tsekouras (guitare)
Création lumière : Jean-Michel Bauer
Renseignements et réservations : 01.40.05.01. 50 ou www.legrandparquet.net ou par mail à billeteries@legrandparquet.net
Jusqu’au 13 février 2013
Du mercredi au dimanche à 21h
Durée : 1h15
Le Grand Parquet
Jardins d’Eole
35, rue d’Aubervilliers
75018 Paris
M° Stalingrad, Riquet ou La Chapelle
[Photo : Natasha Koutroumpa]
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