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    Tom Novembre

    30 juillet 2009
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    Tom aime les métaphores et compare volontiers le festival d’Avignon à une ratatouille dans laquelle chaque pièce-légume flotte dans un délicieux désordre. « Avignon s’apparente à un bouillonnement culturel d’où émerge une solidarité entre les artistes tous embarqués dans cette euphorie ambiante. » Tom aborde chaque représentation de manière assez fataliste, sûr de son travail effectué en amont. “Avec le temps, on acquiert une certaine maturité, on apprend à se détendre ». Il poursuit “On les a conviés, on les a comblés », le théâtre s’apparente pour lui à une nourriture spirituelle, d’où son incommensurable amour de la métaphore culinaire pour qualifier son art.

     

    Avant de se plonger dans un projet, Tom est très attentif à la lecture de la pièce « j’ai besoin d’avoir une compréhension aiguë du texte pour pouvoir me l’approprier et ainsi me tailler le costume pour entrer dans le rôle ». Tom n’a pas vraiment choisi le théâtre, c’est plutôt celui-ci qui s’est invité chez lui puisqu’à la fin des années 70 a lieu dans sa ville natale le festival international de Nancy. « Je me suis endormi avec une vocation et je me suis réveillé avec un métier, je suis content d’avoir quitté ma somnolence qui rime avec adolescence » se plaît à dire le comédien. Il écrit sa première pièce à 16 ans et le bac en poche intègre les Beaux Arts. « Pour moi, rentrer dans cette école se faisait sous un angle d’approche différent mais le théâtre étant avant tout un art, ma démarche était tout à fait logique »  Tom Novembre avoue être fasciné par le « body art », ces performances où l’individu se théâtralise et s’associe au discours de l’auteur en les concrétisant corps et âme sur scène.

     

    Tom joue autant au théâtre qu’au cinéma, pour lui, il s’agit d’un même métier mais la technique est assez différente. « Le théâtre est à la course de fond ce que le cinéma est au sprint. Au cinéma, tout va très vite et de manière intense, un plan-séquence ne dure pas plus de 3mn. Au théâtre, il faut jouer intensément une heure et demi dans un effort constant ». Il poursuit : « il n’y a pas la même générosité, le cinéma est un art du montage et de la fabrication, sur scène, le comédien n’a pas de seconde chance et la sanction tombe immédiatement si celui-ci commet le moindre faux-pas. En cela, le théâtre et la musique ont des approches scéniques assez similaires. Le cinéma est une musique des images, le théâtre est une musique de mots ».

     

    Egalement chanteur et auteur, Tom a longtemps subi cette étiquetage caractéristique de la France. A l’instar d’un pitch résumant un spectacle en une phrase, chaque personne se voit résumer à un rôle. « En France, on parle d’un genre, on juge quelqu’un selon un contexte. On pose les gens comme des arbres dans un paysage et ils ne peuvent plus sortir de ce cadre ». Autour de Tom pourtant, le flou artistique demeure. Comment qualifier cet homme aux multiples facettes ? Lui-même se considère comme un être polymorphe, un personnage que l’on peut mettre un peu partout. Tom bénéficie ainsi  de proposition  venant d’horizons différents, mais il regrette le fait que certains n’osent pas venir vers lui, par peur justement de ce changement permanent.

     

    A la rentrée 2009 Tom reprend du service dans « Caméra Café » et sera également au théâtre de l’Odéon à l’affiche de la pièce « Petite Catherine » mise en scène par André Engel. En outre, il présentera sur Paris 1ère et TV5 un programme court sur l’art contemporain intitulé Otto.

    Quelle est votre idée de la consécration artistique ?
    Gagner un oscar !

     

    Existe-t-il un espace qui vous inspire ?
    Une salle de spectacle.

     

    Quelles sont vos obsessions ?
    Faire mieux que la fois d’avant.

     

    En quoi aimeriez-vous vous réincarner ?
    En ongle « incarné » (rire) ou sinon en Dieu !

     

    Quelle place tient la fuite du temps dans votre vie ?
    Je vois la sortie s’approcher et j’ai peur de ne pas avoir pu réaliser tous mes projets avant de l’atteindre. Pourtant, ce qui fait avancer un individu c’est la peur de perdre l’espoir et l’espoir de perdre la peur.

     

    Propos recueillis par Morgane Guimier.

     

    Article lié :

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    http://www.artistikrezo.com/theatre/theatre-contemporain/ne-pas-oublier-de-mourir-vivre.html

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