Du 9 février au 10 avril 2011MEP
Baile du soudsystem Curtisomrio, Club Mourrisco, Botafogo, Rio de Janeiro, 2005 © Vincent Rosenblatt / Agencia Olhares
Dans un contexte de relative absence de politisation des favelas, le photographe perçoit une forme de dissidence dans les échos qui lui parviennent des Bailes Funks, dont les basses et les cris ébranlent le sommeil des nantis. En suivant le son scandé des “soundsystems”, il découvre un autre Rio, pas celui de la zona sul et des plages, mais un océan de périphéries abritant chacune ses “bailes” malgré l’interdiction et la répression fréquente de la police militaire.
Attiré irrésistiblement par ces vibrations qui ébranlent, à chaque baile, les fondements de la bienséances sociale et l’illusion de l’intégration sociale brésilienne, j’ai su très tôt que je trouverais une voie pour être accepté et y voir de plus près.
En guise de rituel d’accueil, je montre mes premières images, rangées dans une petite boite en métal, aux DJs, MC’s, impresarios de Bailes Funk des clubs de la périphérie, qui m’ouvrent ainsi leurs portes. Le même rituel est rejoué dans de nombreuses favelas, face aux guerriers locaux, qui comprennent alors que je ne suis pas là pour les dénoncer, mais pour accéder aux funkeiros, témoigner de la beauté des danseurs qui bien souvent ne sortent pas de leur ghetto et pour qui le Baile est une forme de catharsis.
Le Baile Funk de favela surprend le témoin «étranger» par ses codes de discipline, respect de l’autre, fille ou garçon, danseur ou junkie. Parade de fierté, de créations et recherches de chorégraphie collectives, aucun garçon ne s’approche trop d’une fille à moins d’y être invité, et pas seulement par crainte de heurter le sens du territoire d’un chef de gang local. Les paroles ultra sexuelles ou guerrières du baile de favela sont comme des messages symboliques sans passage à l’acte. L’élégance des gestes, des pas, entraînent la foule dans une transe collective qui n’est pas même troublée par la présence de bandits défilant l’arme au poing et scandant les samples du DJ par des rafales de tirs vers le ciel !
Vincent Rosenblatt
Rio Baile Funk
Le rap des favelas de Rio de Janeiro, 2005-2010
Vincent Rosenblatt
Du 9 février au 10 avril 2011
Du mercredi au dimanche, fermé lundi, mardi et jours fériés
Informations : 01 44 78 75 00
Tarifs : 7 € ; réduit : 4 €
Maison Européenne de la Photographie
5/7 rue de Fourcy
75004 Paris
Métro Pont-Marie (ligne 7) ou Saint-Paul (ligne 1)
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